Depuis une semaine, le gouvernement libérien a annoncé un moratoire national sur la vente et la distribution du Tramadol et de la Shisha. Cette mesure vise à endiguer l’aggravation de l’épidémie de drogue dans le pays.
Une décision légale forte
La ministre de la Santé, Dr Louise M. Kpoto, a expliqué que cette interdiction s’inscrit dans le cadre du Chapitre 41, Partie V de la Loi sur la santé publique. Cette loi interdit la possession, la vente ou la distribution de médicaments sans autorisation de la Commission pharmaceutique libérienne et approbation du ministère de la Santé.
Le Tramadol ne pourra désormais être utilisé que dans des hôpitaux agréés et sous supervision médicale. La Shisha, également connue sous le nom de narguilé, est interdite dans tous les lieux publics et privés, y compris bars, boîtes de nuit et domiciles. Les contrevenants s’exposent à des arrestations, saisies et sanctions strictes.
Les dangers du Tramadol et de la Shisha
Le Tramadol, opioïde synthétique, est aujourd’hui la drogue la plus consommée au Libéria, responsable de dépendances, violences basées sur le genre, troubles mentaux et criminalité chez les jeunes.
La Shisha, souvent perçue comme une alternative inoffensive aux cigarettes, contient nicotine, monoxyde de carbone et substances cancérigènes, exposant particulièrement les jeunes à des risques de cancer du poumon, maladies cardiaques et addictions.
« Ces substances détruisent les familles et déstabilisent les communautés. Elles privent les jeunes de leur santé, leur potentiel et leur avenir », souligne le ministère de la Santé.
Une épidémie croissante chez les jeunes
Selon l’Agence de lutte contre la drogue du Libéria (LDEA), plus de 47 000 jeunes étaient exposés à un risque élevé d’abus de drogue en 2023, avec le Tramadol comme substance la plus accessible. L’abus de drogues est également lié à l’augmentation du chômage des jeunes, des abandons scolaires et de la petite délinquance.
Des cas d’addiction dès l’âge de 13 ans ont été recensés dans plusieurs communautés. Des « ghettos » de consommation de drogues se sont formés dans certaines zones urbaines.
L’importance de la réhabilitation
Le Dr Abraham Gaye, expert en santé publique, rappelle que « l’application de la loi seule ne suffit pas ». Il insiste sur la nécessité de programmes communautaires de prévention et de réhabilitationpour aider les jeunes à se réinsérer dans la société.
Le Libéria ne dispose actuellement que de moins de cinq centres de réhabilitation fonctionnels, un déficit urgent à combler selon les experts.
Une mobilisation nationale
Les forces de l’ordre ont renforcé le contrôle aux frontières et mèneront des inspections aléatoires dans les pharmacies, bars et autres établissements. Les leaders communautaires, écoles et églisessont appelés à sensibiliser les jeunes aux dangers des drogues.
La ministre Kpoto a rappelé que « l’abus de drogues n’est pas seulement un problème de santé, c’est une menace pour la sécurité nationale ».
La Rédaction

