Face à une hausse spectaculaire des coûts de l’énergie liée aux tensions régionales, Le Caire impose une fermeture anticipée des commerces, au prix de fortes inquiétudes économiques.
En Égypte, les commerces, restaurants et centres commerciaux doivent désormais fermer à 21 heures depuis samedi. Une mesure restrictive décidée par les autorités dans un contexte de forte pression sur la facture énergétique nationale, qui a fortement augmenté depuis l’intensification des tensions au Moyen-Orient.
Selon les autorités, les dépenses mensuelles liées à l’énergie sont passées de 560 millions de dollars à environ 1,65 milliard de dollars, une hausse jugée critique pour les finances publiques et qui pousse l’État à réduire la consommation nationale. Cette décision s’inscrit dans un ensemble plus large d’ajustements économiques, déjà marqué par une hausse de 30 % du prix du carburant décidée début mars, dans un contexte de perturbations du trafic maritime au niveau du détroit d’Ormuz.
Sur le terrain, la mesure suscite de vives inquiétudes dans les secteurs du commerce et des services, notamment la restauration, la bijouterie et le tourisme, où l’activité nocturne représente une part essentielle du chiffre d’affaires. Plusieurs professionnels estiment que cette fermeture anticipée risque d’entraîner des pertes importantes, en particulier dans les zones touristiques où les visiteurs continuent d’affluer en soirée.
Dans ces secteurs, certains acteurs appellent à un assouplissement des horaires, notamment les jours de forte affluence, afin de limiter l’impact économique. Pour eux, la contrainte horaire ne tient pas suffisamment compte des réalités du tourisme, où les activités s’étendent généralement tard dans la nuit.
Au-delà du commerce, c’est l’ensemble de l’économie égyptienne qui pourrait subir les effets de cette pression énergétique croissante. Entre hausse des coûts, contraintes budgétaires et instabilité régionale, les autorités cherchent à réduire la consommation tout en préservant la stabilité économique.
Le gouvernement se retrouve ainsi face à un arbitrage délicat entre impératifs financiers et maintien de l’activité économique, dans un contexte où les marges de manœuvre restent limitées et où les tensions extérieures continuent d’alimenter les déséquilibres internes.
La Rédaction

