Human Rights Watch alerte sur des massacres massifs commis par le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, dans l’est de la RD Congo. Les civils hutus ont été particulièrement visés dans une campagne contre les FDLR et d’autres groupes armés rivaux.
En juillet 2025, le groupe armé M23, soutenu par le Rwanda, a exécuté sommairement plus de 140 civils dans au moins 14 villages et communautés agricoles situés près du parc national des Virunga, dans la province du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. La majorité des victimes appartenaient à l’ethnie hutue. Des témoignages et des analyses d’images satellite indiquent que le nombre total de morts dans la région de Rutshuru pourrait dépasser 300, faisant de ces massacres l’une des pires atrocités depuis la résurgence du M23 fin 2021.
Entre le 10 et le 30 juillet, des habitants, dont des femmes et des enfants, ont été tués dans leurs villages, champs et près de la rivière Rutshuru. Les combattants du M23 ont ordonné aux populations d’enterrer certains corps ou les ont jetés dans la rivière, privant les familles de tout rite funéraire. Des sources militaires et l’ONU indiquent que les forces rwandaises auraient participé aux opérations.
Human Rights Watch a identifié plusieurs commandants responsables, dont le colonel Samuel Mushagara et le général Baudoin Ngaruye, ce dernier déjà sanctionné par l’ONU pour crimes de guerre. Les victimes étaient principalement des civils hutus, et dans une moindre mesure nandes, ce qui soulève de graves préoccupations de nettoyage ethnique.
Les massacres surviennent quelques semaines après un accord de paix signé le 27 juin entre la RD Congo et le Rwanda, qui prévoyait notamment la neutralisation des FDLR et la protection des civils. Malgré cet accord, le M23 a continué ses opérations, accusant des civils de soutenir des groupes armés rivaux et procédant à des arrestations et exécutions sommaires.
Les attaques ont été documentées à l’aide de témoignages directs, de photos et de vidéos, corroborées par des images satellite. Certaines victimes ont été exécutées à la machette et par balles, comme confirmé par des experts médico-légaux indépendants.
Human Rights Watch et le Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme de l’ONU appellent à des enquêtes approfondies et à la traduction en justice des responsables, soulignant l’impératif de sanctions internationales pour stopper ces abus. Les gouvernements qui fournissent une assistance militaire au Rwanda sont également exhortés à revoir leurs programmes pour éviter de soutenir des violations graves des droits humains.
La Rédaction

