À trois mois de l’élection présidentielle, la Guinée-Bissau s’illustre par une décision qui suscite de vives réactions : les autorités ont ordonné la fermeture des médias portugais opérant sur leur territoire. Vendredi, il a été annoncé que l’agence de presse Lusa, ainsi que plusieurs radios et télévisions portugaises, devront cesser leurs activités. Leurs représentants disposent d’un délai jusqu’au 19 août pour quitter le pays, sans qu’aucune justification officielle n’ait été fournie.
Un geste perçu comme une attaque contre la liberté de la presse
Lisbonne n’a pas tardé à réagir. Le gouvernement portugais a condamné la mesure, la qualifiant de « hautement répréhensible ». Pour la Ligue bissau-guinéenne des droits de l’homme, cette décision traduit plutôt « la nature oppressive et autoritaire du pouvoir », mettant en lumière la fragilité de la liberté d’expression dans ce pays d’Afrique de l’Ouest.
Un climat politique tendu avant le scrutin
Cette fermeture intervient dans un contexte électoral particulièrement sensible. Le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, a officialisé sa candidature à un second mandat lors de la présidentielle de novembre 2025. Pour l’opposition et les organisations de la société civile, ces restrictions médiatiques risquent de réduire l’espace démocratique au moment où la transparence et l’équilibre de l’information sont cruciaux.
Entre rupture diplomatique et isolement médiatique
Les relations entre la Guinée-Bissau et le Portugal, son ancienne puissance coloniale, se retrouvent fragilisées par cette décision. Alors que le pays cherche à consolider ses institutions, l’exclusion de médias internationaux pourrait accentuer son isolement sur la scène diplomatique et compromettre la confiance des partenaires étrangers.
La fermeture des médias portugais marque donc une étape inquiétante dans l’évolution politique de la Guinée-Bissau. À mesure que l’échéance électorale se rapproche, les regards se tournent vers Bissau pour voir si cette décision restera un cas isolé ou si elle s’inscrit dans une stratégie plus large de contrôle de l’information.
La Rédaction

