À moins de deux mois du scrutin législatif et local fixé au 27 septembre 2025, le climat politique au Gabon s’intensifie, marqué par des frictions entre la coalition d’opposition et le nouveau parti présidentiel. Ce contexte est révélateur des enjeux cruciaux que représente ce premier rendez-vous électoral depuis la transition politique amorcée en 2023.
Une opposition divisée mais déterminée à boycotter
Plusieurs partis d’opposition ont récemment publié une déclaration commune menaçant de boycotter les élections législatives. Ils dénoncent un processus qu’ils qualifient de « partial », « précipité » et « non-inclusif ». Ces critiques traduisent une profonde méfiance envers les autorités de transition, qu’ils accusent de favoriser le pouvoir en place et d’organiser le scrutin dans des conditions inéquitables.
Ce boycott est pour eux une manière de contester la légitimité des élections, qu’ils estiment entachées d’un manque de transparence et de dialogue politique réel. Ils réclament un report ou une refonte des modalités électorales pour garantir une compétition plus équitable et l’inclusion de toutes les forces politiques.
L’Union Démocratique des Bâtisseurs : un parti en ordre de bataille
Face à cette opposition critique, l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), nouveau parti fondé en 2024 par le président Brice Oligui Nguema, affiche sa mobilisation maximale. L’UDB a officiellement présenté plus de 300 candidats aux élections législatives et locales, témoignant de son ambition de consolider sa majorité au Parlement et dans les collectivités territoriales.
Parmi les candidats figurent des membres influents du gouvernement de transition, y compris des ministres et hauts cadres, illustrant la volonté du parti présidentiel d’imposer un renouvellement politique sous son contrôle. Ce grand déploiement de candidats traduit aussi une stratégie pour asseoir durablement la nouvelle majorité politique issue du coup d’État de 2023.
Enjeux et perspectives pour la transition gabonaise
Ces élections législatives sont perçues comme un test déterminant pour la transition politique engagée depuis la prise de pouvoir de Brice Oligui Nguema. Elles doivent permettre de légitimer les institutions dans un contexte où la confiance entre acteurs politiques reste fragile.
La participation de l’opposition et la transparence du scrutin seront scrutées tant par les Gabonais que par la communauté internationale. Une forte abstention ou un boycott massif pourraient fragiliser davantage la cohésion nationale et mettre en question la crédibilité de cette nouvelle étape démocratique.
À moins de deux mois du scrutin, le Gabon se trouve à un carrefour politique délicat. Tandis que l’opposition brandit la menace d’un boycott pour dénoncer un cadre électoral jugé inéquitable, le parti présidentiel met les moyens pour transformer cette élection en une étape clé de la nouvelle ère politique. Le déroulement et les résultats de ces élections seront décisifs pour l’avenir démocratique du pays.
La Rédaction

