Le maire de Londres, Sadiq Khan, est en visite officielle à Lagos, au Nigeria, dans le cadre d’une tournée africaine visant à renforcer les relations économiques, culturelles et technologiques entre Londres et le continent africain. Ce déplacement fait de lui le premier maire en exercice de Londres à diriger une mission commerciale en Afrique.
Un pont entre deux capitales technologiques
Lors d’un événement majeur tenu au John Randle Centre for Yoruba Culture and History, situé dans le quartier créatif de Lagos, M. Khan a mis en avant les synergies naturelles entre Londres, capitale technologique de l’Europe, et Lagos, épicentre de l’innovation en Afrique.
« Lagos est le pôle technologique à la croissance la plus rapide au monde. J’ai amené avec moi plus de deux douzaines d’entreprises britanniques pour créer des partenariats, pas de la philanthropie », a déclaré Sadiq Khan.
Ces entreprises londoniennes, spécialisées dans la technologie durable, l’intelligence artificielle éthique ou encore les industries créatives, entendent collaborer avec des entrepreneurs nigérians dans des secteurs stratégiques : fintech, cinéma, mode, musique.
Une rencontre de talents et de visions
La délégation britannique a rencontré des fondateurs de start-up, des artistes, des designers et des acteurs culturels africains. Parmi eux, Iyinoluwa Aboyeji, fondateur du fonds Future Africa, s’est réjoui de cette coopération :
« Nous avons beaucoup à apprendre de Londres en matière d’infrastructure, d’accueil des talents internationaux et de régulation, notamment pour encadrer l’IA. »
Du côté nigérian, l’enthousiasme est tout aussi vif. Olatunbosun Alake, commissaire à la science et à la technologie de Lagos, a salué la portée symbolique et stratégique de cette mission :
« Lagos fait le maximum avec le minimum. Ce partenariat est une transformation, pas seulement une transaction. »
Une stratégie africaine pour Londres
La visite de M. Khan s’inscrit dans une tournée de cinq jours incluant également Accra (Ghana), Johannesburg et Le Cap (Afrique du Sud). Le choix de Lagos comme étape-clé n’est pas anodin : la capitale économique du Nigeria concentre des talents et des investissements qui attirent déjà les géants mondiaux.
Le bureau du maire rappelle que le commerce bilatéral entre le Royaume-Uni et l’Afrique dépasse aujourd’hui 50 milliards de livres sterling (près de 67 milliards de dollars), avec une part croissante des industries créatives et technologiques.
Une diplomatie économique à visage humain
Au-delà des accords commerciaux, cette mission incarne une diplomatie de proximité, s’appuyant sur les liens puissants entre la diaspora africaine et Londres. Sadiq Khan, d’origine pakistanaise, incarne ce multiculturalisme actif.
À Lagos, les rencontres humaines, les selfies spontanés et les échanges sans filtre ont témoigné d’un engouement populaire rare pour une mission politique.
La Rédaction

