« Volodymyr, peux-tu frapper Moscou ? » Cette phrase, attribuée à Donald Trump lors d’un échange téléphonique avec Volodymyr Zelensky début juillet, a fait l’effet d’une bombe diplomatique. D’après des sources citées par le Financial Times, l’ancien président américain aurait incité son homologue ukrainien à viser directement le cœur de la Russie, avec Moscou et Saint-Pétersbourg comme cibles potentielles. En pleine campagne électorale, Trump semble jouer une partition à haut risque, entre démonstration de force et calcul géopolitique.
Une stratégie « choc » pour forcer la paix
Selon ces révélations, Trump aurait demandé à Zelensky si l’Ukraine pouvait frapper Moscou, à condition que les États-Unis lui fournissent les armes nécessaires. La réponse du président ukrainien aurait été sans ambiguïté : « Absolument. Nous le pouvons si vous nous donnez les armes. » Cette posture offensive s’inscrit dans une stratégie revendiquée par Trump lui-même : faire « ressentir la douleur » au peuple russe afin de contraindre le Kremlin à négocier. Une méthode musclée, bien différente des tentatives diplomatiques ou des pressions économiques menées jusqu’ici par Washington et ses alliés.
Un revirement spectaculaire de la position américaine
Cette conversation survient alors que Trump s’est récemment dit « très mécontent » du président russe Vladimir Poutine. Il a même affirmé avoir eu un « mauvais » entretien avec lui la veille de son appel à Zelensky, soulignant sa déception quant à l’absence d’accord rapide. Le ton contraste radicalement avec les positions précédemment tenues par Trump, souvent accusé de complaisance vis-à-vis du Kremlin.
Court-circuiter le Congrès pour réarmer Kiev
Plus encore, cette volonté d’intensifier le soutien militaire à l’Ukraine s’accompagne d’une manœuvre politique : contourner le Congrès. Trump chercherait à fournir des armes à longue portée non pas directement, mais via des transferts à des pays tiers — probablement des alliés européens — qui pourraient ensuite les remettre à l’armée ukrainienne. Cette tactique vise à éviter une approbation formelle du législatif américain, souvent divisé sur les aides militaires. Un haut responsable occidental a confirmé que cette approche est discutée au sein de l’OTAN.
La Russie ironise, mais s’inquiète
Du côté russe, la réaction n’a pas tardé. Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité, a qualifié les propos de Trump d’« ultimatum théâtral ». Sur X, il a affirmé que « la Russie s’en fichait ». Pourtant, l’hypothèse d’une frappe sur Moscou ou Saint-Pétersbourg représente un scénario extrême qui, même au conditionnel, franchit un seuil stratégique inédit. Jusqu’ici, les alliés occidentaux avaient toujours évité de soutenir des frappes au cœur de la Russie, précisément pour éviter une escalade incontrôlable.
Entre guerre psychologique et irresponsabilité ?
L’initiative de Trump, si elle est confirmée, ouvre une boîte de Pandore. À quelques mois de l’élection présidentielle américaine, ce coup d’éclat peut être vu comme un calcul politique destiné à renforcer son image d’homme fort. Mais elle pose une question majeure : jusqu’où les grandes puissances sont-elles prêtes à aller pour influencer l’issue de la guerre en Ukraine ? Frapper Moscou n’est plus seulement une ligne rouge — c’est désormais un sujet de conversation entre chefs d’État.
La Rédaction

