L’annonce du plan israélien visant à occuper entièrement la bande de Gaza a déclenché une vague d’indignation internationale. L’Organisation des Nations unies (ONU) a réagi avec une fermeté inhabituelle, demandant ce jeudi 8 août 2025 l’arrêt immédiat de ce projet qu’elle juge porteur de conséquences humanitaires catastrophiques.
Un basculement vers l’escalade militaire
Le gouvernement israélien, par l’intermédiaire de son Premier ministre Benjamin Netanyahu, a récemment obtenu l’aval de son cabinet de sécurité pour une occupation militaire totale de Gaza. Ce plan inclut la prise de contrôle progressive de l’ensemble du territoire, débutant par Gaza City, avec la promesse d’un transfert futur du pouvoir à une autorité palestinienne « non affiliée au Hamas ».
Ce projet, présenté comme une solution pour « sécuriser » Israël, survient dans un contexte de violences persistantes et de crise humanitaire majeure à Gaza, où les infrastructures sont à l’agonie et les civils, piégés.
L’ONU hausse le ton : “Stopper immédiatement”
Face à ce qu’elle considère comme une dangereuse dérive, l’Organisation des Nations unies a lancé un appel explicite. Selon un communiqué publié ce jeudi, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, demande à Israël de renoncer immédiatement à son projet d’occupation militaire. Il a souligné que ce plan “n’apporterait ni sécurité, ni paix, ni stabilité durable”.
De son côté, Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a été encore plus alarmiste. Il a déclaré que cette opération ne ferait qu’accroître les déplacements forcés, les pertes civiles et les souffrances, déjà insoutenables dans l’enclave palestinienne. “Nous risquons une catastrophe d’une ampleur encore plus grande”, a-t-il affirmé, appelant à l’arrêt immédiat des hostilités et à la priorisation de l’aide humanitaire.
Un plan critiqué même en Israël
Fait notable, des voix dissidentes se sont aussi fait entendre au sein même de l’appareil sécuritaire israélien. Le chef d’état-major, le général Eyal Zamir, aurait émis de sérieuses réserves quant à la faisabilité d’une occupation totale. Selon des sources internes, il craint des pertes militaires considérables, des représailles à long terme, et une complexité accrue pour obtenir la libération des otages encore détenus à Gaza.
L’ombre du droit international
Cette manœuvre militaire soulève aussi des questions juridiques fondamentales. L’occupation prolongée d’un territoire, sans intention claire de restitution à une autorité souveraine reconnue, constituerait une violation flagrante du droit international humanitaire. La Cour internationale de justice (CIJ) a d’ailleurs rappelé récemment qu’Israël est tenu, en vertu du droit international, de mettre fin à l’occupation des territoires palestiniens.
Vers une impasse diplomatique ?
Alors que les grandes puissances n’ont pas encore adopté de position unifiée, l’Union européenne a évoqué « une grave atteinte au processus de paix », tandis que certains pays arabes qualifient ce plan de “nettoyage ethnique déguisé”. Les appels à un cessez-le-feu durable et à un retour à la table des négociations se multiplient.
Mais pour l’heure, le gouvernement israélien maintient le cap. Le risque est grand de voir Gaza sombrer dans une phase encore plus destructrice du conflit.
La posture ferme de l’ONU reflète l’extrême gravité de la situation. Face à un projet d’occupation totale dénoncé comme potentiellement catastrophique, la communauté internationale est désormais confrontée à un choix : réagir pour empêcher l’irréparable, ou laisser s’installer un précédent aux lourdes conséquences pour l’avenir du droit international et de la paix au Proche-Orient.
La Rédaction

