La Conférence Interafricaine des Marchés d’Assurances (CIMA) a ouvert à Lomé une nouvelle étape dans la sécurisation du secteur des assurances en Afrique francophone. Objectif : contenir les risques, moderniser le cadre juridique et verrouiller les dérives financières.
C’est dans les locaux de l’Agence nationale de la BCEAO que s’est tenue, ce jeudi 10 juillet 2025, la première réunion ministérielle de l’année de la CIMA. Les ministres des Finances et des Assurances des 14 États membres se sont retrouvés à Lomé pour un exercice à forts enjeux : renforcer la résilience du secteur face aux menaces croissantes du blanchiment d’argent, du financement du terrorisme et des défaillances dans le traitement des sinistres.
Parmi les participants, le ministre togolais de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, a pris part aux travaux, tout comme son homologue malien Alousséni Sanou, actuel président du Conseil des ministres de la CIMA.
Les échanges ont été nourris par les constats du Conseil régional de contrôle des assurances (CRCA), l’organe de supervision technique de la conférence. Ses rapports récents ont mis en lumière des failles persistantes dans la régulation du secteur, et identifié des axes prioritaires : règlement rapide des sinistres, transparence financière accrue, et mise à jour du cadre légal pour faire barrage aux circuits illicites.
Alousséni Sanou l’a confirmé : « Certains textes ont été révisés pour répondre aux nouveaux risques sécuritaires et protéger juridiquement les assurés. » Une manière d’ancrer la CIMA dans une dynamique d’adaptation permanente, à l’heure où les marchés financiers sont traversés par des flux opaques et des tensions inédites.
Les enjeux autour de l’assurance-vie, de la solvabilité des compagnies et de la conformité réglementaire ont également été débattus. Cette réforme globale vise à restaurer la confiance, aussi bien du côté des assurés que des investisseurs internationaux.
Les autorités togolaises ont été saluées pour leur accueil et leur soutien logistique, qui a permis une large participation grâce à des infrastructures techniques modernes, notamment pour les interventions à distance.
Créée pour harmoniser les législations du secteur dans les pays d’Afrique francophone subsaharienne, la CIMA entend désormais aller plus loin : devenir un véritable rempart contre l’instabilité financière, dans une région confrontée à la montée de nouveaux risques transnationaux.
La Rédaction

