Après deux décennies de travaux minutieux, le tombeau du pharaon Amenhotep III a enfin été rouvert au public. Ce joyau archéologique, creusé il y a plus de 3 000 ans dans la vallée des Rois, offre désormais à ses visiteurs des fresques murales restaurées, illuminant l’histoire fastueuse de l’un des souverains les plus prospères de l’Égypte ancienne.
Une sépulture monumentale au cœur de Louxor
Située sur la rive ouest du Nil, en face de Louxor, la tombe d’Amenhotep III s’étend sur 120 mètres de long et descend à 27 mètres sous terre. Elle comprend de multiples corridors, puits et chambres funéraires et figure parmi les plus vastes de la vallée des Rois. La nécropole de Thèbes, où elle se trouve, abritait les sépultures de pharaons, reines, prêtres et scribes royaux entre le XVIᵉ et le XIᵉ siècle avant J.-C. Découverte par des archéologues français lors de la campagne de Napoléon en 1799, la tombe avait été ensuite fouillée, pillée et endommagée au fil des siècles.

Deux décennies de restauration exceptionnelle
La restauration du site a été rendue indispensable, la structure menaçant de s’effondrer et les fresques sur fond bleu, considérées comme les plus raffinées de la XVIIIᵉ dynastie, ayant subi de graves dégradations. « Le travail a été incroyablement délicat », a déclaré Mohamed Ismail Khaled, secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités, lors de la cérémonie de réouverture.
260 spécialistes, restaurateurs, conservateurs et techniciens, avec le soutien de l’UNESCO et du gouvernement japonais, ont participé à ce chantier d’envergure. Aujourd’hui, le public peut admirer les peintures grâce à des escaliers et passerelles en bois neufs et contempler le sarcophage en granit d’Amenhotep III dans la grande salle funéraire. La momie et le sarcophage originaux sont, quant à eux, exposés au Musée national de la Civilisation égyptienne au Caire.

Un règne marqué par la prospérité et la grandeur
Amenhotep III, mort vers 1 349 avant J.-C. à l’âge d’environ 50 ans, a régné pendant une quarantaine d’années. Ses projets monumentaux incluent le temple de Kôm El-Hettan, près de sa tombe, dont les crues du Nil ont partiellement endommagé la structure mais qui conserve encore deux colosses imposants en granit. Ses statues et figurines funéraires, dispersées dans des musées à travers le monde — du Louvre au Metropolitan Museum de New York — témoignent de son règne fastueux et de l’extraordinaire héritage artistique de l’Égypte ancienne.
Avec la réouverture de ce tombeau, les visiteurs peuvent enfin plonger dans l’histoire et la magnificence de l’un des pharaons les plus emblématiques, redécouvrant les couleurs et la précision d’une époque où l’art et le pouvoir se confondaient.
La Rédaction

