Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC) annoncent une avancée majeure dans la lutte contre le paludisme : l’approbation du tout premier traitement spécialement conçu pour les nouveau-nés et les nourrissons pesant moins de cinq kilogrammes. Cette innovation comble une lacune critique dans la prise en charge des enfants les plus vulnérables du continent.
Une percée pour les tout-petits
Jusqu’à présent, aucun traitement spécifique n’était disponible pour les nourrissons de moins de 5 kg. Les enfants recevaient souvent des doses ajustées de médicaments destinés aux plus grands, avec un risque accru de surdosage et de toxicité. La nouvelle formulation à base d’artéméther-luméfantrine, soluble dans le lait maternel et au goût sucré, rend désormais le traitement sûr, efficace et facile à administrer pour les nourrissons.
Une collaboration africaine et mondiale
Le développement de ce traitement résulte d’un partenariat entre Novartis et Medicines for Malaria Venture (MMV) au sein du consortium PAMAfrica, avec le soutien financier de l’EDCTP et de la Sida. Huit pays africains — Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Kenya, Malawi, Mozambique, Nigeria, Tanzanie et Ouganda — ont joué un rôle clé en participant aux essais cliniques, illustrant le leadership croissant de l’Afrique dans l’innovation sanitaire.
Vers une mise à disposition rapide
La formulation a déjà été approuvée par les autorités suisses, et des autorisations rapides sont attendues dans les huit pays africains grâce au mécanisme de l’Agence suisse pour les produits de santé mondiaux. Novartis prévoit de la distribuer principalement à but non lucratif, afin d’élargir l’accès dans les régions endémiques, où près de 30 millions de bébés naissent chaque année.
Un impact majeur sur la santé infantile
« L’approbation de ce traitement constitue un pas décisif dans la lutte contre le paludisme. Elle garantit que même les nourrissons les plus petits disposent désormais d’un traitement sûr et efficace », a déclaré le Dr Jean Kaseya, Directeur général de l’Africa CDC.
Le Dr Ngashi Ngongo, Conseiller principal de l’Africa CDC, ajoute : « Cette réussite démontre la force des collaborations dirigées par l’Afrique pour répondre aux besoins sanitaires là où ils sont les plus pressants. »
L’intégration dans les systèmes de santé africains
L’Africa CDC accompagne les États membres pour intégrer ce nouveau traitement dans leurs systèmes de santé nationaux :
• Actualisation des protocoles cliniques et formation des professionnels de santé.
• Renforcement de la surveillance et de la recherche opérationnelle pour mesurer sécurité et efficacité.
• Garantie d’un accès équitable via la production locale et le mécanisme africain d’achats groupés (APPM).
• Accélération des approbations réglementaires grâce à la coopération entre les autorités nationales et l’AMRH/AUDA-NEPAD.
Une Afrique engagée pour un futur sans paludisme
« En investissant intelligemment, en adoptant des politiques ciblées et en renforçant la coopération, nous pouvons faire en sorte que l’Afrique devienne un continent libre du paludisme d’ici la prochaine génération », conclut le Dr Kaseya.
Cette avancée marque une étape majeure dans la protection des enfants africains contre l’une des maladies les plus meurtrières du continent.
La Rédaction

