Bangui, 11 juillet 2025 – La Centrafrique écrit une nouvelle page de son histoire. Ce mercredi, les chefs rebelles Ali Ndarassa (UPC) et Sendé Bobo (3R) ont officiellement déposé les armes lors d’une cérémonie solennelle à Bangui, scellant ainsi la fin d’une décennie de violences armées.
Face au président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, au président tchadien et à plusieurs représentants régionaux et internationaux, les deux anciens seigneurs de guerre ont acté la dissolution de leurs mouvements armés, dans le cadre de l’accord de paix signé ce même jour avec le gouvernement.
« Je déclare devant toute l’opinion nationale et internationale que notre engagement est sincère et total, pas de retour en arrière », a affirmé Ali Ndarassa, chef de l’UPC, dans un discours fort en symboles.
Un accord attendu depuis des années
Le processus avait été enclenché en avril dernier à N’Djamena, où une première signature avait été obtenue sous l’égide du Tchad. Cette rencontre de Bangui vient concrétiser cette entente politique par une décision militaire majeure : la fin officielle des deux groupes armés qui contrôlaient une large partie du territoire centrafricain, de l’Extrême-Est au Nord-Ouest.
Le président Touadéra a salué cette avancée comme l’un des résultats les plus concrets de sa politique d’ouverture et de « main tendue » à l’endroit des groupes armés :
« Cette rencontre est l’une des manifestations éclatantes de ma ferme volonté de restaurer la paix à travers le dialogue. »
Un pays meurtri en quête de reconstruction
Si les scènes de liesse ont été nombreuses à Bangui, la réalité du terrain demeure fragile. Plusieurs factions non-signataires, issues de la nébuleuse des groupes armés, continuent d’opérer dans certaines zones rurales, maintenant un climat d’insécurité dans plusieurs provinces.
Depuis 2013, la Centrafrique est le théâtre d’un conflit sanglant entre milices chrétiennes anti-balaka et groupes armés majoritairement musulmans comme l’UPC et les 3R. Cette guerre civile a causé la mort de milliers de personnes, des dizaines de milliers de blessés, et provoqué l’exil de centaines de milliers de civils vers le Cameroun, la RDC et le Tchad.
Le Tchad, artisan discret de la paix
Le rôle du président tchadien dans l’avancée du processus de paix a été largement salué. Son implication personnelle dans les négociations entre les chefs rebelles et le pouvoir de Bangui a permis de surmonter de longues années de méfiance. Le Tchad apparaît désormais comme un acteur clé de la stabilisation régionale.
Alors que les armes se taisent pour la première fois depuis plus de dix ans entre les parties en conflit, la Centrafrique entre dans une phase de transition délicate, entre désarmement, réintégration des ex-combattants, et justice pour les victimes. La route vers la réconciliation nationale reste longue, mais une étape décisive vient d’être franchie.
La Rédaction

