Face aux ambassadeurs, le gouvernement togolais mise sur les faits filmés pour rétablir sa vérité
Lomé, vendredi 5 juillet. Dans une salle sobre du ministère des Affaires étrangères, les ambassadeurs accrédités au Togo ont assisté à une séance d’information peu commune : une restitution visuelle des récents événements sociopolitiques. Images à l’appui, le gouvernement togolais a présenté sa version des manifestations de juin, dénonçant ce qu’il qualifie de « déformation médiatique » sur la scène internationale.
La rencontre a été présidée par plusieurs ministres clés, dont Robert Dussey (Affaires étrangères), Calixte Madjoulba (Sécurité), Pacôme Yawo Adjourouvi (Droits de l’homme) et Isaac Tsiakpé (Enseignement technique), qui s’est exprimé au nom du gouvernement. « Le pays est calme, les activités se déroulent normalement », a-t-il assuré devant les diplomates, soulignant la volonté des autorités de rassurer leurs partenaires.
Montrer pour mieux expliquer
La particularité de cette rencontre résidait dans l’usage d’extraits vidéo tournés durant les manifestations. Une manière pour le gouvernement de faire œuvre de pédagogie, en apportant des éléments concrets à l’appui de son analyse. Selon les autorités, ces images visent à rétablir une lecture équilibrée des événements, loin des raccourcis et amalgames qui ont circulé ces dernières semaines.
Cette approche, saluée par certains observateurs, marque un tournant dans la communication gouvernementale : plus directe, plus visuelle, et surtout proactive. Elle reflète une volonté de transparence, dans un contexte où les interprétations se multiplient et où les enjeux d’image prennent une dimension stratégique.
Une posture assumée de responsabilité
Au-delà de l’explication, la démarche traduit aussi une posture diplomatique de responsabilité. En choisissant d’exposer les faits plutôt que de les minimiser, le gouvernement entend désamorcer les tensions et restaurer la confiance auprès de ses partenaires. La présence conjointe des ministères de la Sécurité, des Droits de l’homme et des Affaires étrangères n’était d’ailleurs pas anodine : elle incarne un front uni, soucieux de garantir la stabilité tout en respectant les droits fondamentaux.
Dans un climat régional souvent marqué par l’instabilité, Lomé affiche ainsi sa différence : celle d’un État désireux de dialoguer, d’expliquer et de convaincre sans fuir le débat.
La Rédaction

