Des feux zombies aux K-Drama, en passant par l’umami, la nouvelle édition du Petit Larousse reflète les bouleversements culturels, technologiques et sociaux du monde contemporain.
Chaque année, c’est un petit événement dans le monde des amoureux de la langue française : le Petit Larousse ouvre ses pages à de nouveaux mots. Pour l’édition 2026, ce sont 150 termes qui font leur entrée, choisis parmi des milliers de candidats. Le critère ? Une utilisation répandue dans la population, toutes classes sociales confondues.
Une géographie du langage
La francophonie est riche et diverse. Et cela se ressent dans cette moisson 2026. La Belgique impose son savoureux « estruquer », pour désigner l’action d’avaler de travers. La Suisse, de son côté, nous présente le « champignonneur », cueilleur de champignons passionné. L’Algérie offre « karakou », nom d’un costume traditionnel, tandis que le Québec, la Réunion ou encore l’Afrique centrale participent eux aussi à cette fresque linguistique.
Inclusion, climat et mondialisation
Le dictionnaire évolue avec son temps : la nouvelle édition se fait plus inclusive, notamment à travers l’entrée de termes liés aux handisports comme « boccia » ou « cécifoot », ou encore l’acronyme « PMR » (personne à mobilité réduite), popularisé par les Jeux paralympiques de Paris 2024.
Le climat s’invite également avec des mots inquiétants comme « feux zombies », désignant des incendies qui couvent sous terre dans les forêts boréales, ou « larmes de sirènes », ces microbilles de plastique qui envahissent les océans. Le mot « biopesticide » traduit, lui, une tentative plus vertueuse de gérer les cultures.
Manger, regarder, s’émouvoir
La gastronomie poursuit sa mondialisation avec « nacho », « onigiri » ou encore l’énigmatique « umami », cinquième saveur identifiée par la cuisine japonaise. Dans le domaine des écrans, le terme « K-Drama » – séries coréennes devenues phénomène mondial – fait une entrée remarquée.
Mais la langue reflète aussi les drames de notre époque. Le mot « suicide forcé » désigne tragiquement la situation de femmes poussées à se donner la mort à cause de violences psychologiques.
Un miroir de la société
Le Petit Larousse 2026, disponible depuis fin mai, se fait ainsi miroir d’un monde complexe, traversé par des mutations profondes, des crises, mais aussi des passions nouvelles. Une photographie lexicale de notre époque, entre dérives et découvertes, violences et gourmandises, périls invisibles et luttes pour la visibilité.
La Rédaction

