Dans un bref courriel envoyé aux équipes, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé une réduction drastique de la direction du siège genevois. L’équipe de direction passera de onze à six membres à compter du 16 juin 2025. Une décision qui s’inscrit dans une vaste restructuration, dictée par des contraintes budgétaires sans précédent.
Réorganisation stratégique
Sur les six dirigeants qui composeront cette nouvelle équipe, cinq sont des membres actuels, dont le scientifique britannique Jeremy Farrar, qui voit ses responsabilités évoluer : il devient sous-directeur général chargé de la promotion de la santé, mais aussi de la prévention et du contrôle des maladies. Il sera remplacé dans son poste précédent par la Française Sylvie Briand, figure chevronnée de l’organisation et ancienne directrice du département de préparation et de prévention des épidémies et des pandémies.
Départs de figures marquantes du Covid-19
En revanche, deux piliers de la gestion de la pandémie quittent la direction : le Dr Michael Ryan, responsable du programme d’urgence sanitaire, et Bruce Aylward, en charge de la couverture sanitaire universelle. Leur départ marque symboliquement la fin d’un cycle pour l’organisation, alors que l’OMS tente de se réinventer dans un contexte financier incertain.
Un contexte de tensions financières aiguës
Derrière cette réorganisation, une crise budgétaire profonde. Déjà le 22 avril, Tedros avait informé les États membres d’un plan de réduction structurelle, anticipant des licenciements, alors que l’organisation souffre du retrait financier américain. Depuis son retour à la présidence, Donald Trump a confirmé le désengagement total des États-Unis de l’OMS à partir de janvier 2026. Washington a non seulement cessé de verser ses contributions pour 2024 et 2025, mais a également gelé la quasi-totalité de son aide extérieure, fragilisant de nombreux projets de santé mondiaux.
Des coupes sévères à venir
L’OMS prévoit désormais de réduire de moitié le nombre de ses départements. Le déficit de la masse salariale représenterait environ 25 % des coûts du personnel, mais Tedros insiste : cela ne signifie pas automatiquement une suppression équivalente de postes. Il admet toutefois que le siège de Genève sera le plus affecté.
La question des suppressions de postes, ainsi que la présentation d’un budget révisé à la baisse, seront au cœur des discussions lors de la réunion annuelle des membres de l’OMS, prévue la semaine prochaine à Genève.
La Rédaction

