À Diamniadio, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a ouvert une nouvelle séquence politique en lançant un dialogue national centré sur les réformes du système institutionnel. En présence de nombreuses figures de l’opposition – mais sans l’ancien président Macky Sall ni son parti, l’Alliance pour la République (APR) – le chef de l’État a mis en avant une volonté claire : celle de faire place au débat démocratique dans un cadre apaisé.
« L’opposition sera respectée et exercera librement ses droits dans le respect de la loi », a-t-il affirmé devant un large parterre d’acteurs politiques et sociaux. Dans un ton solennel, il a appelé à un nouvel élan de concertation nationale afin de « bâtir ensemble un avenir politique digne des aspirations du peuple sénégalais ».
Cette initiative, la deuxième depuis son investiture en avril, s’inscrit dans un effort assumé de réforme et de pacification, à la suite d’années marquées par des tensions parfois meurtrières. « Je m’incline devant la mémoire de toutes les victimes des affrontements passés », a déclaré le président, se positionnant comme garant de l’unité nationale et artisan du dialogue.
Au programme de ces assises : la création d’une commission électorale nationale indépendante (CENI), une meilleure organisation du calendrier électoral, la clarification du statut de l’opposition, la régulation du financement des partis, le rôle de la justice dans les élections, et la digitalisation du processus électoral.
Le président a également salué les contributions citoyennes récoltées à travers la plateforme participative Jubbanti, qui a permis de recueillir plus de 13 000 propositions en quelques semaines. Il a souligné le rôle du Facilitateur général, le docteur Cheikh Gueye, dans la coordination de ces travaux.
Dans un climat marqué par une transition politique majeure et l’arrivée au pouvoir du parti Pastef, dirigé par Ousmane Sonko, ce dialogue est présenté comme un pilier central de la refondation institutionnelle voulue par les nouvelles autorités. Diomaye Faye y voit une opportunité de poser les bases d’un système politique plus transparent, plus représentatif, et plus résilient.
La Rédaction

