Alors que le continent africain s’apprête à se réunir au Cap pour l’African Energy Week (AEW) 2025, la Sierra Léone se positionne comme l’un des nouveaux pôles d’attraction de l’exploration pétrolière offshore en Afrique de l’Ouest. À la tête de cette stratégie d’ouverture et de développement : Foday Mansaray, directeur général de la Direction du pétrole de Sierra Léone (PDSL).
Un pays en quête de reconnaissance pétrolière
Pays encore marginal sur la carte énergétique africaine, la Sierra Léone entend changer de statut. En participant à l’AEW 2025 du 29 septembre au 3 octobre, la PDSL compte mettre en lumière un potentiel largement sous-exploré. Son directeur présentera une série de nouvelles données sismiques et des blocs encore vierges, dans l’espoir d’attirer des capitaux étrangers.
La stratégie de Foday Mansaray repose sur un double axe : la transparence du climat d’investissement et la réduction des risques géologiques. « Nous ne sommes pas là pour vendre des rêves, mais pour partager des données », confie-t-il en prélude à l’événement.
Des ressources prometteuses, des données réactualisées
La Sierra Léone dispose déjà de quatre découvertes majeures et d’un potentiel estimé à deux milliards de barils d’hydrocarbures. Le pays lancera dès juin 2025 une campagne sismique 3D dans sa région nord-ouest offshore. Objectif : affiner la cartographie géologique en profondeur pour séduire les grands opérateurs. Cette opération, d’une durée de 60 jours, devrait être complétée avant la tenue de l’AEW.
Parallèlement, un projet de retraitement sismique est mené avec TGS, spécialiste mondial des données énergétiques, sur le bassin sud. En s’appuyant sur des technologies d’imagerie de dernière génération, cette initiative vise notamment la structure de Vega, qui pourrait accueillir les premières campagnes de forage depuis dix ans.
Une stratégie d’ouverture encadrée
Le pays a déjà franchi une étape décisive : son cinquième cycle d’octroi de licences, achevé en 2023, a permis de mettre en concession 53 blocs représentant plus de 63 000 km². L’entreprise nigériane F.A. Oil a acquis six blocs et cherche aujourd’hui des partenaires techniques et financiers.
Autre changement majeur en préparation : la création d’une Compagnie pétrolière nationale (CPN). Celle-ci détiendrait une participation de 10 % dans chaque permis attribué, avec l’ambition de porter cette part à 25 ou 30 % selon les projets. Une manière pour l’État de s’impliquer dans la gouvernance des ressources.
Un avenir à construire
Pour Tomás Gerbasio, de la Chambre africaine de l’énergie, la Sierra Léone « peut devenir un acteur de premier plan en Afrique de l’Ouest ». Encore faut-il que les intentions se traduisent en actes. Le pays mise désormais sur un premier puits exploratoire d’ici 2026, symbole de sa renaissance énergétique.
À travers sa participation active à l’AEW 2025, la Sierra Léone veut prouver qu’elle n’est plus seulement une terre d’exploration théorique, mais un véritable terrain d’investissements. Dans un contexte de compétition régionale, c’est une course contre le temps — et contre les hésitations du passé — qui s’engage.
La Rédaction

