Quatre mois après sa prise par le mouvement rebelle M23, la ville de Goma demeure instable et difficilement gouvernable.
Depuis la prise de Goma par le M23 en janvier, la situation sur le terrain reste marquée par une insécurité généralisée. Bien que le contrôle militaire ait été établi, la consolidation de l’autorité dans cette ville de près de deux millions d’habitants s’avère complexe. Les structures administratives sont désorganisées, la sécurité est défaillante, et les infrastructures essentielles sont hors service.
Une ville saturée d’armes et livrée à la criminalité
L’environnement urbain reste profondément perturbé par la prolifération d’armes légères. La chute de la ville s’est accompagnée d’une évasion massive de détenus de la prison centrale de Munzenze. Depuis, les violences urbaines se sont intensifiées, alimentées par la circulation d’armes et l’absence d’un encadrement policier efficace.
Cambriolages, braquages et agressions sont devenus fréquents, perturbant le quotidien des habitants et empêchant le retour à une stabilité durable. Les opérations ponctuelles de fouille et de désarmement menées dans certains quartiers n’ont pas permis de rétablir l’ordre de manière significative.
Rupture des connexions aériennes et isolement géographique
Le fonctionnement de l’aéroport international de Goma a été totalement interrompu. Les affrontements survenus fin janvier ont endommagé les infrastructures critiques, notamment la tour de contrôle et le tarmac. Depuis, aucun vol n’a été opéré depuis la ville.
Cette situation oblige les voyageurs à se rendre dans des pays voisins pour effectuer des trajets intérieurs ou internationaux. L’accès à Kinshasa, par exemple, nécessite désormais une correspondance via Kigali ou d’autres capitales régionales, allongeant les temps de trajet et multipliant les coûts logistiques.
Incapacité de gouverner un centre urbain majeur
Malgré la victoire militaire, la gestion de Goma par le M23 met en évidence les limites d’un contrôle basé uniquement sur la force. L’absence d’une administration civile fonctionnelle, de services publics et d’un système de sécurité cohérent empêche toute forme de gouvernance stable.
La situation actuelle de Goma reflète les difficultés structurelles rencontrées par les groupes armés lorsqu’ils s’emparent de zones urbaines densément peuplées sans être préparés à en assurer la gestion. Le contraste entre la rapidité de la prise militaire et la lenteur de l’établissement d’un ordre durable illustre les tensions profondes qui fragilisent l’est de la République démocratique du Congo.
La Redaction

