La tragédie s’est abattue sans prévenir sur le village de Kasaba, dans l’est de la République démocratique du Congo. Dans la nuit du jeudi 8 au vendredi 9 mai 2025, des pluies diluviennes ont provoqué des inondations meurtrières, emportant au moins 104 vies humaines. D’après les autorités locales, le bilan pourrait encore s’alourdir.
Située sur les rives du lac Tanganyika, dans la province du Sud-Kivu, la localité de Kasaba a été submergée par la crue soudaine de la rivière éponyme. « Les habitants dormaient quand la rivière Kasaba a débordé, entraînant tout sur son passage : boue, rochers, arbres », a déclaré Bernard Akili, chef du secteur de Nganja. Les flots ont rasé les habitations construites en bordure du lac, laissant derrière eux un paysage de désolation.
Les victimes sont majoritairement des enfants et des personnes âgées, selon les premiers témoignages. En plus des morts, 28 blessés ont été recensés et 150 maisons détruites. Un acteur de la société civile évoque déjà 119 corps retrouvés dans les décombres.
Kasaba, difficilement accessible — uniquement par voie lacustre — et sans couverture téléphonique, complique les efforts de secours. Les équipes humanitaires peinent à rejoindre les sinistrés.
Ce drame s’ajoute à une série noire. En 2023, le Sud-Kivu avait déjà pleuré près de 400 morts dans des inondations similaires. Et en avril dernier, Kinshasa a connu une trentaine de morts à la suite de pluies diluviennes.
Avec près de 6,9 millions de sinistrés recensés en Afrique de l’Ouest et centrale cette année, les inondations s’imposent comme un fléau régional. En RDC, pays étendu et vulnérable, les effets du changement climatique sont aggravés par la déforestation, l’urbanisation non maîtrisée et l’absence d’infrastructures de drainage.
Selon les projections des experts climatiques, d’ici à 2030, jusqu’à 118 millions d’Africains vivant sous le seuil de pauvreté pourraient être exposés à des phénomènes extrêmes, comme les sécheresses, les inondations ou les vagues de chaleur.
À Kasaba, le silence des morts se mêle à la détresse des survivants, dans un pays où la nature et la misère frappent souvent de concert.
La Rédaction

