Le gouvernement publie un inventaire sans précédent des biens confisqués à l’ex-dictateur exilé
Le ministère gambien de la Justice a franchi un nouveau pas vers la transparence en publiant un inventaire complet des biens saisis à l’ancien président Yahya Jammeh. Ce patrimoine, d’une valeur estimée à plus de 1,24 milliard de dalasis — soit environ 17 millions de dollars — comprend des actifs financiers, des propriétés foncières, des véhicules, du mobilier et du matériel agricole.
Exilé en Guinée équatoriale depuis 2017, Yahya Jammeh avait dirigé la Gambie d’une main de fer pendant 22 ans. Son régime, largement dénoncé pour ses atteintes aux droits humains et ses détournements massifs de fonds publics, avait été renversé à la suite d’un refus de céder le pouvoir après sa défaite à l’élection présidentielle de 2016, finalement imposée par l’intervention de la Cédéao.
Les documents rendus publics ce mois-ci détaillent une série de ventes opérées sous la supervision de la Commission Janneh, créée pour enquêter sur la corruption sous le régime Jammeh. On y trouve :
- Une liste de véhicules, tracteurs, matériaux ferreux et mobiliers cédés ;
- Un inventaire des tracteurs redistribués ou vendus aux collectivités locales ;
- Un rapport sur le bétail vendu par le service du shérif du pouvoir judiciaire ;
- Un relevé des actions, biens immobiliers et véhicules transférés au profit de l’État.
Parmi les actifs financiers figurent notamment 14,32 % des actions de la société pétrolière Gam Petroleum (estimées à plus de 551 millions de dalasis), des participations dans l’opérateur télécom Comium Gambia Ltd (5,75 millions de dalasis) et plus de 100 millions de dalasis en dividendes.
Côté immobilier, les ventes s’élèvent à près de 203 millions de dalasis, dont une propriété de luxe à Kerr Serign (50 millions) et une villa à Brufut Gardens (41,75 millions).
Le ministère a précisé qu’il attendait encore les identités des acheteurs et les montants exacts des transactions concernant le bétail vendu, informations qui seront publiées dès réception. Cette initiative s’inscrit dans une volonté claire d’ouverture et de reddition des comptes, selon les autorités.
« Le public a le droit d’être informé des affaires qui engagent les ressources nationales », a insisté le gouvernement, qui réaffirme son engagement à faire toute la lumière sur les abus du passé.
La Rédaction

