À moins de trois mois du scrutin présidentiel, Alassane Ouattara, 83 ans, a levé le voile sur ses intentions : il briguera un quatrième mandat à la tête de la Côte d’Ivoire. L’annonce, faite ce 29 juillet lors d’une allocution télévisée, met fin aux incertitudes entretenues depuis des mois autour de sa participation à la présidentielle du 25 octobre 2025.
« Je suis candidat, parce que je veux que notre chère Côte d’Ivoire continue de demeurer un pays prospère, en paix et en sécurité », a-t-il déclaré, invoquant la nécessité de poursuivre l’élan de stabilité et de développement engagé depuis son arrivée au pouvoir en 2011.
Une candidature attendue, mais controversée
Depuis plusieurs semaines, les appels à sa candidature s’étaient multipliés dans les rangs du RHDP, son parti, qui l’avait officiellement désigné par acclamation fin juin comme unique prétendant. Qualifié de « garant de la stabilité » par ses soutiens, Ouattara cristallise aussi les critiques d’une partie de l’opposition, qui conteste la légitimité d’un quatrième mandat après un précédent scrutin marqué par des violences meurtrières.
En 2020, l’opposition avait dénoncé un troisième mandat jugé anticonstitutionnel. La tension avait conduit à la création d’un Conseil national de transition sous la houlette d’Henri Konan Bédié, disparu en 2023. Ce bras de fer s’était soldé par une vague d’arrestations et une marginalisation politique de plusieurs figures de l’opposition.
Une présidentielle sans Thiam ni Gbagbo
Le scrutin d’octobre prochain s’annonce déjà disputé, mais certains grands noms en seront absents. Tidjane Thiam, nouveau président du PDCI, et Laurent Gbagbo, ex-chef de l’État, ont été radiés des listes électorales. Tous deux contestent cette décision et ont engagé des démarches pour être réinscrits, mais rien ne garantit leur participation.
L’opposition pourrait toutefois compter sur d’autres figures, comme Simone Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan ou Jean-Louis Billon, à condition qu’ils remplissent les conditions de parrainage imposées par la Commission électorale indépendante.
Un climat politique toujours fragile
Le dépôt officiel des candidatures a débuté le 26 juillet et s’achèvera fin août. Le pays se prépare donc à une campagne électorale sous haute tension. Lors du scrutin de 2020, les violences avaient causé la mort de 87 personnes et fait près de 500 blessés. Le souvenir de ces troubles reste vif, et la candidature de Ouattara pourrait à nouveau raviver les tensions dans un contexte où la confiance entre pouvoir et opposition demeure fragile.
La Rédaction

