À l’ouverture de la cinquième Assemblée de la Conférence épiscopale réunie d’Afrique de l’Ouest (CERAO), le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a mis à l’honneur le rôle stratégique de l’Église catholique dans la construction de sociétés africaines résilientes et pacifiées. Un hommage appuyé à une institution qu’il qualifie d’« alliée sûre et incontournable de l’État ».
Réunis à Dakar, 150 évêques représentant les différentes nations d’Afrique de l’Ouest ont échangé sur le thème de la construction d’une Église synodale, autonome, au service de la justice et de la paix. Face à cette haute assemblée, le président Faye a souligné la portée de l’engagement catholique dans l’éducation, la formation professionnelle et la transmission des valeurs, piliers selon lui du vivre-ensemble africain.
« La contribution essentielle et irremplaçable de l’Église au développement de nos pays mérite d’être reconnue et valorisée », a-t-il affirmé, insistant sur la cohésion sociale comme condition sine qua non face aux défis de la région : instabilités politiques, crises économiques et drames migratoires.
Un tournant institutionnel pour les affaires religieuses
Dans la foulée, le président sénégalais a annoncé une réforme symbolique et structurelle : la création prochaine d’une Délégation générale des Affaires religieuses, en remplacement de la direction actuelle. Ce nouvel organe aura pour mission d’accompagner toutes les confessions – musulmanes, chrétiennes, comme celles des religions traditionnelles – dans l’exercice de leur culte. Il s’agira également de renforcer les infrastructures et de développer l’information religieuse dans une logique d’équité et de dialogue interreligieux.
Ce signal fort, adressé aux autorités religieuses de toute l’Afrique de l’Ouest, vient conforter la place de la foi comme vecteur de paix durable et de développement humain. « Ensemble, en toute synodalité, nous devons promouvoir une ère de paix et de concorde », a insisté Diomaye Faye.
Un message qui résonne dans une région où l’instabilité gagne du terrain, mais où les institutions spirituelles, enracinées dans les communautés, demeurent des piliers de confiance, de médiation et de transformation.
La Rédaction

