Le Ghana franchit un nouveau cap dans sa stratégie de souveraineté sur ses ressources naturelles. Après avoir sécurisé l’or issu des mines artisanales, l’État étend désormais sa mainmise à la production des grandes exploitations industrielles. Récemment, le régulateur national de l’or, Goldbod, a rendu public un accord de principe qui autorise le gouvernement à acquérir 20 % de la production de neuf grandes mines opérant sur le territoire.
Un tournant économique à partir du 1er juin
Dès le 1er juin, l’État pourra acheter un cinquième de la production des mines concernées, en cedis, à un tarif légèrement inférieur à celui du marché international. Objectif affiché : renforcer les réserves d’or, soutenir la monnaie nationale, et réduire la fuite de valeur ajoutée vers l’étranger. En bref, garder l’or au Ghana pour en faire un moteur interne de stabilité monétaire et de croissance économique.
Une stratégie déjà amorcée
Ce changement n’est pas une rupture totale, mais plutôt une accélération d’un processus engagé sous la précédente administration. L’État était déjà devenu l’unique acteur autorisé à acheter, vendre et exporter l’or des petites mines. Cette nouvelle mesure élargit désormais cette logique de contrôle aux acteurs industriels.
Garder la richesse sur le sol ghanéen
En plaçant une partie de la production industrielle entre les mains publiques, le Ghana cherche à capter une plus grande part des bénéfices générés par son or. Il s’agit aussi de s’émanciper d’une dépendance vis-à-vis des raffineries et marchés étrangers, qui captaient jusqu’à présent l’essentiel du minerai extrait.
Bien que l’accord ne concerne à ce stade qu’une minorité des exploitations à grande échelle, le message politique est clair : l’État reprend les rênes d’un secteur stratégique.
Prochaine étape : la signature officielle
La signature formelle de l’accord est attendue pour le 15 mai 2025. Cette initiative pourrait, à terme, servir de modèle à d’autres pays africains riches en ressources minières, en quête d’une meilleure maîtrise de leurs richesses.
La Redaction

