Les autorités libyennes sont sous pression pour transférer Osama Elmasry Njeem à la Cour pénale internationale et coopérer pleinement avec la justice internationale.
Human Rights Watch a exhorté, mercredi 12 mars 2026, les autorités libyennes à remettre Osama Elmasry Njeem à la Cour pénale internationale (CPI), où il est recherché pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Njeem, haut responsable de l’Appareil de dissuasion pour la lutte contre le terrorisme et le crime organisé basé à Tripoli, est accusé de meurtre, torture et viol commis à la prison de Mitiga depuis 2015. Human Rights Watch rappelle que d’autres suspects libyens, au nombre de sept, doivent également être arrêtés et transférés à la CPI.
Hanan Salah, directrice adjointe de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch, souligne que « l’arrestation de Njeem représente une opportunité pour la Libye de démontrer un réel engagement en faveur de la justice, en coopérant avec la CPI ». Le 5 novembre 2025, Njeem aurait été arrêté à Tripoli par les autorités libyennes pour répondre de certains actes devant la justice nationale, mais son lieu de détention n’a jamais été communiqué et aucune démarche publique n’a été entreprise pour le transférer à la Cour.
Human Rights Watch rappelle que la Libye, bien que non membre de la CPI, est légalement tenue de coopérer en vertu de la résolution 1970 du Conseil de sécurité des Nations Unies de 2011, ainsi que de sa propre acceptation de la compétence de la Cour en mai 2025, concernant les crimes commis sur le territoire libyen ou par des ressortissants libyens entre 2011 et fin 2027.
Une précédente opportunité de coopération avait été manquée : en janvier 2025, Njeem avait été arrêté à Turin, en Italie, mais avait été renvoyé en Libye au lieu d’être remis à la CPI. La Cour avait par la suite demandé aux États membres de tenir l’Italie responsable de son refus de coopération.
Par ailleurs, la situation en Libye reste préoccupante. Human Rights Watch dénonce des conditions inhumaines dans les prisons et centres de détention, où les détenus sont confrontés à la torture, aux violences sexuelles, au travail forcé et à la privation de nourriture et d’eau. Le secteur judiciaire libyen, fragmenté et peu disposé à enquêter sur les crimes graves, favorise l’impunité.
Les sept autres fugitifs recherchés par la CPI comprennent notamment Saif Suleiman Sneidel, suspecté de crimes de guerre et localisé dans l’est du pays sous contrôle des Forces armées arabes libyennes. Les autres sont Abdurahem Khalefa Abdurahem Elshgagi, Makhlouf Makhlouf Arhoumah Doumah, Nasser Muhammad Muftah Daou, Mohamed Mohamed Al Salheen Salmi, Abdelbari Ayyad Ramadan Al Shaqaqi et Fathi Faraj Mohamed Salim Al Zinkal.
Human Rights Watch exhorte les pays membres de la CPI et du Conseil de sécurité des Nations Unies à faire pression sur la Libye afin qu’elle respecte ses obligations internationales et remette rapidement Njeem, ainsi que les autres suspects, à La Haye. « Plus de 15 ans après la saisine de la CPI pour la Libye, les abus continuent dans les prisons, et le cycle de l’impunité ne pourra être brisé que par la coopération effective avec la Cour », conclut Hanan Salah.
La Rédaction
Source : Human Rights Watch

