Le Gabon vit ce 3 mai 2025 un moment décisif, Brice Clotaire Oligui Nguema prêtera officiellement serment après avoir remporté l’élection présidentielle avec 94,85 % des voix. À Libreville, la cérémonie réunira seize chefs d’État africains, tandis que la France, partenaire historique du Gabon, sera représentée par Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe.
Un lieu symbolique, une rupture avec le passé
Contrairement à la tradition instaurée sous Omar Bongo Ondimba puis poursuivie par son fils Ali Bongo, l’investiture ne se tiendra pas au palais du Bord de mer, mais au stade d’Angondjé. Un choix fort, destiné à marquer une ouverture vers le peuple et à affirmer une volonté de transparence politique dans un pays en quête de renouveau.
Présences africaines de premier plan
Parmi les dirigeants attendus à Libreville figurent Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Paul Kagame (Rwanda), Mamadi Doumbouya (Guinée), Faure Gnassingbé (Togo) ou encore Denis Sassou Nguesso (Congo). Cette mobilisation régionale témoigne du soutien diplomatique apporté à la transition gabonaise, mais aussi de l’intérêt croissant pour la stabilité du pays au cœur du Golfe de Guinée.
La France en retrait mais présente
L’Élysée ne dépêchera pas Emmanuel Macron, mais a tout de même choisi d’envoyer Benjamin Haddad pour représenter la France. Ce geste diplomatique modéré illustre une posture d’observation : Paris soutient officiellement le processus en cours, tout en restant vigilant face aux défis démocratiques que le régime devra relever. Le signal est clair : il s’agit d’un soutien prudent, sans enthousiasme excessif.
Un remaniement attendu dès le lendemain
Le 4 mai, Brice Oligui Nguema annoncera un vaste remaniement gouvernemental. Cette étape vise à installer une équipe à son image, capable de traduire dans les faits les promesses de réforme, de justice sociale et de moralisation de la vie publique.
L’investiture du général-président devenu civil, Brice Oligui Nguema, s’impose comme un événement continental. Elle consacre un pouvoir en transition, salué par une partie de l’Afrique, mais encore scruté avec prudence par ses partenaires internationaux. Entre espoirs populaires et équilibres diplomatiques, Libreville entame une nouvelle séquence politique.
La Rédaction

