Les relations diplomatiques entre la Tunisie et le Maroc, deux voisins géopolitiquement et culturellement liés, traversent une zone de turbulences invisibles mais bien réelles. La récente nomination de Hassan Tariq au poste de médiateur du royaume a révélé une absence frappante : le Maroc n’a plus d’ambassadeur en Tunisie depuis 2022, et la Tunisie n’a pas encore désigné de successeur à Mohamed Ben Ayed, ancien ambassadeur, désormais en poste ailleurs. Cette vacance diplomatique soulève la question suivante : qui prendra l’initiative de rétablir les liens entre ces deux pays ?
Un climat de froideur diplomatique
La nomination de Hassan Tariq, annoncée le 25 mars par le cabinet royal, met en lumière le refroidissement des relations entre Rabat et Tunis. Bien que cette annonce soit passée inaperçue à l’international, elle symbolise l’éloignement dans l’espace diplomatique entre les deux pays. Le rôle de Tariq, ancien ambassadeur du Maroc en Tunisie entre 2019 et 2022, semble aujourd’hui redéfinir les relations bilatérales en dehors des canaux diplomatiques traditionnels.
La rupture tacite entre les deux pays
L’absence d’ambassadeurs dans les deux capitales depuis plus d’une année témoigne de l’éloignement entre les deux nations. La Tunisie, sans représentation marocaine à Tunis, et le Maroc, sans représentant tunisien, illustrent un silence diplomatique inquiétant. Cette situation met en lumière des tensions latentes, exacerbées par des divergences politiques et géopolitiques, notamment autour du Sahara occidental et des alignements stratégiques de chaque pays.
Une opportunité de rapprochement ou de prolongation du statu quo ?
Le retour d’ambassadeurs permettra-t-il d’effacer les malentendus accumulés au fil des années, ou bien cette absence prolongée symbolise-t-elle une impossibilité de surmonter des divergences profondes ? La réconciliation ou l’aggravation de la situation dépendra de la volonté politique des deux gouvernements de reconstruire une relation solide, notamment sur des questions cruciales pour l’avenir de la région.
Dans un contexte où les relations diplomatiques entre pays voisins devraient être une priorité, le Maroc et la Tunisie se trouvent dans une impasse. L’absence d’ambassadeurs et de dialogues directs soulève des interrogations sur l’avenir de ces relations. Seul le temps dira si la volonté politique pourra inverser cette tendance et amorcer une reprise des discussions bilatérales pour le bien-être de la région.
La Rédaction

