À cinq mois d’un scrutin présidentiel décisif, l’opposition ivoirienne s’unit pour exiger un dialogue politique national avec le parti au pouvoir, le Rassemblement des républicains (RDR). Samedi, la Coalition pour une Alternance Pacifique (CAP) a multiplié les appels à l’apaisement démocratique, tout en critiquant fermement les conditions d’organisation du scrutin du 25 octobre 2025.
Une opposition rassemblée autour d’un même objectif
Née le 10 mars 2025, la CAP réunit les principales figures de l’opposition, dont Tidjane Thiam (PDCI), Pascal Affi N’Guessan (FPI), Charles Blé Goudé (Cojep) et Simone Gbagbo (MGC). Leur objectif commun : obtenir une élection inclusive, libre et transparente. L’union de ces courants politiques, souvent antagonistes dans le passé, illustre l’ampleur des inquiétudes autour du processus électoral en cours.
« Ici, vous n’êtes plus PDCI, FPI ou URD. Vous êtes les enfants de la Côte d’Ivoire », a lancé Charles Blé Goudé, dans un discours fédérateur. L’ancien ministre de la Jeunesse a souligné l’urgence d’un dialogue franc entre les forces politiques, afin d’éviter un retour aux tensions électorales qui ont marqué les scrutins précédents.
Une candidature de Ouattara sous le feu des critiques
Au cœur des tensions : la perspective d’une nouvelle candidature du président sortant Alassane Ouattara, au pouvoir depuis 2011. Si l’entourage présidentiel reste discret sur ses intentions, l’opposition dénonce une dérive autoritaire et des manœuvres pour verrouiller le scrutin.
Parmi les griefs évoqués, figure l’exclusion de plusieurs personnalités de la liste électorale, dont Tidjane Thiam, pourtant pressenti comme principal challenger. « La justice ne doit pas être instrumentalisée », a déclaré ce dernier dans une vidéo diffusée à Paris, appelant à une révision urgente des listes électorales.
Simone Gbagbo plaide pour une loi d’amnistie
L’ancienne première dame, Simone Ehivet, a exhorté Alassane Ouattara à prendre ses responsabilités pour garantir une élection apaisée. « La Constitution lui permet de signer une loi d’amnistie », a-t-elle plaidé, afin de réintégrer dans le jeu électoral tous les leaders politiques, y compris ceux frappés d’inéligibilité judiciaire.
Ce geste, selon la CAP, permettrait de restaurer la confiance, alors que la Commission électorale indépendante (CEI) est accusée de partialité par l’ensemble de l’opposition.
Vers une sortie de crise politique ?
Face à ces critiques, le silence du pouvoir reste assourdissant. Mais la pression populaire, combinée à l’unité nouvelle de l’opposition, pourrait pousser le RDR à ouvrir des négociations. Le compte à rebours est lancé : en cinq mois, la Côte d’Ivoire devra prouver qu’elle peut organiser une élection crédible, condition essentielle à la stabilité du pays.
La Rédaction

