Les États-Unis ont confirmé, mardi 8 avril, leur alignement sans équivoque sur la position marocaine concernant le Sahara occidental. À l’issue d’un entretien entre le secrétaire d’État américain Marco Rubio et le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita, Washington a réitéré son appui à la souveraineté du royaume sur ce territoire disputé, relançant un dossier où les tensions restent vives entre le Maroc et l’Algérie.
Autonomie encadrée : l’option américaine
Dans un communiqué limpide, la porte-parole du Département d’État, Tammy Bruce, a salué la proposition marocaine d’autonomie comme « sérieuse, crédible et réaliste », soulignant qu’elle constitue « la seule base pour une solution juste et durable ». Une formulation qui ne laisse plus de place à l’ambiguïté : pour les États-Unis, l’alternative au projet marocain n’existe plus. L’appui américain, initié sous Donald Trump en 2020, ne s’est pas démenti depuis, malgré les transitions politiques à Washington.
Outre la question du Sahara, les discussions entre les deux ministres ont porté sur la coopération bilatérale en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, en particulier à travers les accords d’Abraham. Washington entend faire de Rabat un pilier stable dans la région, en renforçant les échanges économiques et sécuritaires.
Un conflit figé, des camps irréconciliables
Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental est contrôlé à 80 % par le Maroc. Ce territoire aride mais stratégique, pour ses ressources en phosphates et ses eaux halieutiques, reste cependant classé par les Nations unies comme non autonome. Depuis cinq décennies, le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, réclame un référendum d’autodétermination — une voie que Rabat rejette catégoriquement, proposant à la place une large autonomie sous sa souveraineté.
En soutenant explicitement cette dernière option, les États-Unis réduisent la marge de manœuvre diplomatique du Polisario et de ses alliés. Tammy Bruce a enfoncé le clou en appelant à des négociations « sans délai », sur la seule base du plan marocain.
L’ONU à contretemps
Alors que les Nations unies peinent à relancer un processus crédible, l’appui américain donne un coup d’accélérateur à l’agenda marocain, au risque de court-circuiter les efforts multilatéraux. La reconnaissance unilatérale de la souveraineté marocaine, bien qu’encore minoritaire sur la scène internationale, gagne du terrain — surtout chez les partenaires économiques du royaume.
Cette dynamique place Alger dans une position inconfortable. Loin d’être un simple acteur de l’ombre, l’Algérie est perçue par Washington comme partie prenante au conflit. Le soutien militaire et diplomatique apporté au Polisario ne fait plus illusion dans les chancelleries occidentales. Dans ce bras de fer régional, la position américaine redessine l’équilibre.
La Rédaction

