Un défenseur des droits humains au Mali accuse les services de renseignement d’instaurer un climat de terreur en multipliant les enlèvements et arrestations extrajudiciaires.
Arrestations arbitraires et disparitions forcées
Souleymane Camara, président du Réseau des défenseurs des droits humains du Mali, alerte sur la multiplication des arrestations sans mandat judiciaire, effectuées par des individus encagoulés circulant dans des véhicules sans immatriculation. Ces pratiques, selon lui, sapent l’État de droit et visent à museler toute opposition.
Depuis le double coup d’État de 2020 et 2021, le régime militaire est régulièrement accusé de réprimer les voix dissidentes à travers des mesures judiciaires, des dissolutions d’organisations ou des restrictions à la liberté de la presse. Des hommes politiques, militants et acteurs de la société civile ont été enlevés à Bamako avant d’être détenus dans des lieux inconnus.
Des tortures dénoncées par l’ONU
Récemment, des experts indépendants de l’ONU ont exigé la libération immédiate de trois militants politiques détenus par l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE). Selon leur rapport, ces hommes ont été torturés et privés de soins après leur enlèvement entre mai et juin 2023. Ils ont été détenus au secret jusqu’en octobre avant d’être transférés à la prison centrale de Bamako.
Face à ces accusations, les autorités maliennes restent silencieuses, alimentant les craintes d’une répression accrue dans un pays déjà fragilisé par les conflits internes et l’instabilité politique.
La Rédaction

