Une initiative renouvelée alliant technologie et engagement collectif
Alors que le Togo relance officiellement son programme national de salubrité, baptisé « Togo Propre », une approche innovante émerge pour transformer cet effort en mouvement pérenne. Interrompue pendant la crise sanitaire, cette opération mensuelle reprend de la vigueur chaque premier samedi du mois, avec un objectif élargi : conjuguer mobilisation citoyenne et solutions technologiques pour relever les défis environnementaux.
Un constat alarmant, une réponse structurée
Sous l’impulsion du ministère de la Citoyenneté active, dirigé par Pacôme Adjourouvi, le gouvernement dresse un constat sans concession : dépôts sauvages persistants, accumulation de plastiques non recyclés et pratiques sanitaires à risque, telles que la défécation en plein air, menacent autant la santé que l’image des villes. « La résurgence de ces comportements témoigne d’un relâchement collectif. Nous devons réinventer notre manière de protéger l’environnement », souligne le ministre.
L’innovation au service de la propreté
Pour dépasser le simple nettoyage ponctuel, le programme intègre désormais des outils numériques. Une application mobile, EcoAlert, permettra aux citoyens de signaler en temps réel les zones insalubres ou les dépôts illégaux, générant une cartographie interactive pour prioriser les interventions. Parallèlement, des partenariats avec des start-up locales visent à optimiser la gestion des déchets : tri automatisé grâce à des capteurs, recyclage des plastiques en matériaux de construction, ou valorisation des biodéchets en compost pour l’agriculture.
Santé publique et cohésion : des enjeux interdépendants
Les autorités rappellent que près de 30 % des maladies enregistrées dans les centres de santé seraient liées à des conditions environnementales dégradées. Paludisme, diarrhées aiguës et infections cutanées pourraient être réduits grâce à une amélioration durable de l’hygiène publique. « Chaque quartier assaini, chaque canal dégagé représente un pas vers une société plus résiliente », insiste Adjourouvi.
Impliquer pour responsabiliser
Au-delà de l’aspect technologique, le projet mise sur une éducation civique renforcée. Des brigades vertes de jeunes volontaires seront mises en place pour sensibiliser les populations aux éco-gestes. Des ateliers pratiques sur le compostage domestique ou la réduction des emballages plastiques compléteront ces actions. « La propreté ne se limite pas à une journée, c’est un engagement quotidien. C’est cet état d’esprit que nous souhaitons ancrer », explique le ministre.
Avec cette relance ambitieuse, le Togo entend positionner la salubrité comme pilier de son développement social et économique. Reste à voir si cette alliance entre innovation et engagement citoyen inspirera d’autres nations africaines face aux mêmes défis.
La Rédaction

