Les tensions persistantes dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) ont conduit les dirigeants de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC) et de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) à se réunir à Dar es Salam, en Tanzanie, le 8 février. À l’issue de ce sommet, ils ont appelé à un « cessez-le-feu immédiat et inconditionnel » ainsi qu’à la fin des hostilités. Cette démarche marque un rapprochement stratégique entre ces deux blocs régionaux, qui menaient jusque-là des médiations distinctes.
Une position commune pour apaiser la crise
Dans leur communiqué final, les chefs d’État des deux organisations exigent l’arrêt des combats, la réouverture des routes stratégiques et de l’aéroport de Goma, ainsi que l’acheminement de l’aide humanitaire. Ils recommandent également un dialogue entre le gouvernement congolais et le M23, dans le cadre d’un processus unifié de négociations.
Les chefs des armées des pays membres ont été mandatés pour élaborer sous cinq jours un plan de sécurisation de Goma, ville stratégique menacée par l’avancée des rebelles. Une source au sein du gouvernement congolais souligne que cette initiative devra s’accompagner d’un retrait du M23 et de ses soutiens pour être effective.
Des réactions contrastées entre Kigali et Kinshasa
Si la décision de fusionner les processus de médiation de Nairobi et de Luanda est perçue comme un pas vers une résolution durable du conflit, les réactions divergent entre Kinshasa et Kigali.
Le Rwanda salue un sommet « historique et fructueux ». Son ministre des Affaires étrangères, Olivier Nduhungirehe, estime que les décisions prises permettent d’envisager une stabilisation progressive et se réjouit que l’appel au dialogue avec le M23 ait été retenu.
À Kinshasa, en revanche, la présidence affiche une certaine déception, notamment en raison de l’absence de condamnation explicite du Rwanda pour son implication présumée dans le conflit. « Nous aurions souhaité des mots plus forts, car il s’agit de la vie de milliers de Congolais », regrette Tina Salama, porte-parole du président Félix Tshisekedi. Malgré cette frustration, elle reconnaît que certaines avancées répondent aux attentes de la RDC, notamment sur l’urgence humanitaire et la nécessité d’une désescalade.
Un fragile espoir de paix
Ce sommet laisse entrevoir une volonté accrue de coordination entre l’EAC et la SADC pour tenter de ramener la stabilité dans l’est de la RDC. Toutefois, la mise en œuvre concrète de ces engagements reste incertaine. Alors que le cessez-le-feu est exigé sans délai, la situation sur le terrain demeure volatile, et la question du retrait des forces étrangères, en particulier des soutiens du M23, reste un point de friction majeur.
La Rédaction

