Le Parlement marocain a validé l’adoption de 27 accords internationaux, confirmant ainsi l’orientation stratégique du pays en matière de coopération extérieure. Lors de la séance législative présidée par Rachid Talbi Alami, en présence du ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, ce dernier a insisté sur la nécessité de privilégier des partenariats porteurs plutôt que de multiplier les engagements sans vision cohérente.
Une diplomatie pragmatique et ciblée
Intervenant devant les députés, Nasser Bourita a rappelé que la politique étrangère du Maroc repose sur un pragmatisme assumé et des objectifs bien définis. Chaque accord signé s’inscrit dans une vision à long terme, guidée par les orientations du roi Mohammed VI, visant à renforcer la coopération internationale du pays.
Parmi les accords validés, une priorité a été donnée aux relations avec les partenaires africains. Sur les 27 accords ratifiés, 12 concernent des pays du continent et couvrent des domaines stratégiques comme la coopération judiciaire, douanière, fiscale et le développement économique.
Le Sahara au cœur des dynamiques diplomatiques
L’importance des provinces du sud du Maroc dans les relations internationales a également été mise en avant. Sur les 19 accords bilatéraux adoptés, 11 ont été signés dans ces régions, notamment à Dakhla. Le ministre a souligné que cette dynamique renforce le rôle du Sahara marocain comme plateforme diplomatique et économique, notamment grâce au poste frontalier de Guerguerat, présenté comme un point névralgique des échanges avec l’Afrique subsaharienne.
Des partenariats variés et structurants
Les accords ratifiés se répartissent en plusieurs catégories. Sur le plan économique, le Maroc a signé des engagements favorisant les investissements avec le Cap-Vert et la Sierra Leone, ainsi que des conventions douanières avec le Burkina Faso et la Gambie. Dans le secteur des transports, des accords ont été établis avec la Guinée et la Gambie pour le transport routier, avec Oman pour la coopération maritime et avec le Cambodge pour le transport aérien. Le Maroc a également renforcé la reconnaissance mutuelle des permis de conduire avec l’Italie et l’Espagne.
D’autres domaines stratégiques sont couverts, notamment la coopération sectorielle, incluant un accord sur la pêche avec la Gambie, un partenariat militaire avec la Roumanie et une coopération en matière de protection civile avec le Burkina Faso. Le volet juridique n’est pas en reste, avec des traités d’extradition signés avec la Sierra Leone et les Pays-Bas, ainsi qu’un accord de transfert de prisonniers avec le Burkina Faso.
Enfin, huit accords multilatéraux ont été validés, portant notamment sur l’établissement d’un siège de l’Institut africain de développement à Dakhla et la création d’une organisation dédiée à la coopération numérique. D’autres textes concernent l’harmonisation des normes en matière de biodiversité maritime, de sécurité aérienne et de droit du travail.
À travers cette série d’accords, le Maroc réaffirme son engagement à développer une diplomatie active, mettant en avant son rôle de hub stratégique entre l’Europe et l’Afrique.
La Rédaction

