Le carrefour Sable-Siporex-Route de Dabou, un axe stratégique menant à la sortie ouest d’Abidjan, symbolise les défis posés par l’incivisme et l’anarchie. Malgré des travaux d’aménagement récents, l’indiscipline des usagers et l’occupation désordonnée des voies transforment ce boulevard en cauchemar quotidien pour les automobilistes.
Une infrastructure vite saturée
Après leur achèvement en août 2021, les travaux d’élargissement du boulevard à 2×2 voies avaient suscité de nombreux espoirs pour fluidifier le trafic. Mais, à peine mise en service, la route semble rétrécir à une seule voie. La faute à une occupation anarchique des chaussées : minibus « Gbaka » et taxis « Woro-Woro » s’arrêtent n’importe où pour charger ou décharger des passagers, tandis que des vendeurs ambulants et commerçants occupent les accotements, obligeant piétons et motocyclistes à emprunter les voies réservées aux véhicules.
« C’est désolant. Ce boulevard devait nous faire gagner du temps, mais c’est le contraire », déplore N’Guessan Joseph, chauffeur de Gbaka.
Entre indignation et fatalisme
Les riverains oscillent entre colère et résignation. Pour Jean-Charles Kouassi, habitant du quartier Siporex, le problème vient autant des usagers que des autorités. « La rénovation est une bonne chose, mais les gens refusent de respecter les règles. Il faut plus de contrôles pour éviter que nos mères risquent leur vie en vendant sur la route. »
Cependant, certains commerçants dénoncent l’insuffisance des infrastructures, notamment l’absence de places adéquates dans les marchés. « Si nous restons dans les marchés, nous perdons des clients. Nous sommes donc obligés de vendre au bord de la route, malgré les dangers », explique Bakayoko Larissa, une commerçante.
Manque de contrôle et solutions inachevées
La critique ne s’arrête pas aux usagers. Les autorités locales sont accusées de passivité. « Où sont les policiers municipaux ? Pourquoi laissent-ils faire ces désordres ? », s’interroge Kouassi Bertin, commerçant.
Face à ces accusations, Sidiki Konaté, un représentant des transporteurs, assure que des efforts sont en cours. « Nous avons organisé une campagne de sensibilisation, mais beaucoup ne respectent pas les règles. D’ici peu, des brigades seront déployées pour assainir cet axe. »
La nécessité d’une réponse collective
Pour rétablir l’ordre, certains plaident pour des sanctions exemplaires et une réorganisation de l’espace urbain. « Les amendes doivent dissuader les comportements irresponsables. Mais les autorités doivent aussi trouver des espaces dédiés pour nous permettre de travailler sans envahir les routes », insiste Didier Daouda, commerçant ambulant.
Le boulevard Sable-Siporex, rénové à grand coût, ne peut remplir sa mission sans une coopération entre autorités, usagers et commerçants. Une gestion stricte et le respect des règles de circulation sont essentiels pour restaurer la fluidité et faire de cette infrastructure un véritable atout pour la mobilité à Abidjan.
La Rédaction

