Malgré ses récents efforts pour réintégrer l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), l’Éthiopie reste exclue de cet accord commercial privilégié. Le Bureau du représentant américain au commerce a confirmé mardi que la liste des 32 pays africains bénéficiant de l’AGOA ne changerait pas pour l’année à venir. Cette décision maintient la suspension de l’Éthiopie, malgré des discussions initiées en juillet pour tenter de lever cette exclusion.
Un revers commercial pour Addis-Abeba
La suspension de l’Éthiopie remonte à novembre 2021, lorsque le président américain Joe Biden a signé un décret exécutif justifié par la guerre civile qui a éclaté en 2020. Washington évoquait alors des « violations flagrantes des droits humains internationalement reconnus ». Depuis, cette exclusion a eu des conséquences économiques significatives pour le pays. Plusieurs entreprises internationales, attirées à l’origine par l’accès au marché américain via l’AGOA, ont quitté les parcs industriels éthiopiens, laissant de nombreux travailleurs sans emploi.
Une décision controversée
Le gouvernement éthiopien a vivement critiqué cette exclusion, la qualifiant de « malavisée » et insistant sur son impact social. Selon Addis-Abeba, la suspension prive plus de 200 000 ménages vulnérables, dont une majorité de femmes, d’un revenu vital. Ces citoyens, souvent éloignés des dynamiques du conflit, se retrouvent pourtant indirectement pénalisés.
Entre dialogue et statu quo
Malgré des efforts pour rétablir son statut, notamment lors de discussions bilatérales avec les États-Unis, l’Éthiopie n’a pas réussi à convaincre Washington de réviser sa position. Ce maintien du statu quo souligne la complexité des liens entre politique intérieure et diplomatie commerciale, et les défis auxquels Addis-Abeba devra faire face pour reconquérir sa place dans l’AGOA.
La Rédaction

