L’armée américaine a bouclé son retrait du Niger après une décennie de coopération militaire, suite à des tensions croissantes avec le gouvernement nigérien. La rupture s’est accélérée après la prise de pouvoir par la junte militaire en juillet 2023, qui a accusé les États-Unis de tenter de les contraindre à choisir entre la Russie et les États-Unis. Cette décision de retrait a été officialisée après une rencontre entre diplomates américains et dirigeants militaires nigériens au printemps 2024.
Les États-Unis ont, depuis, cherché de nouveaux partenaires en Afrique de l’Ouest pour établir une nouvelle base, avec la Côte d’Ivoire et le Bénin parmi les options envisagées. Cependant, ces pays posent des défis logistiques, en particulier en raison de leur éloignement de la zone de conflit principale, située autour du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Le Tchad, malgré sa récente expulsion des forces spéciales américaines, reste un candidat potentiel, notamment grâce à ses relations établies avec les États-Unis dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.
La montée des attaques terroristes dans la région, même en présence de forces internationales, met en évidence l’urgence d’une approche unifiée et renforcée entre les pays du Sahel. Les gouvernements du Niger, du Mali et du Burkina Faso refusent de rejoindre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), rendant crucial le soutien à des initiatives régionales telles que la Force multinationale mixte et l’Initiative d’Accra.
Le constat est sans appel : sans une stratégie coordonnée, les groupes terroristes continueront à se propager, menaçant non seulement les pays du Sahel, mais aussi les nations côtières d’Afrique de l’Ouest. Pour endiguer cette menace, une collaboration renforcée entre les acteurs locaux et internationaux est impérative. La mise en œuvre effective de la Force multinationale mixte et de l’Initiative d’Accra pourrait bien être la clé pour une lutte durable contre le terrorisme dans la région.
La Rédaction

