Après trois décennies de combat acharné, Duma Boko, avocat défenseur des droits humains et diplômé de Harvard, est sur le point de devenir le prochain président du Botswana. Son parti, l’Umbrella for Democratic Change (UDC), a remporté un succès électoral retentissant, marquant un tournant historique en mettant fin à la domination du Parti démocratique du Botswana (BDP), au pouvoir depuis l’indépendance en 1966.
À 54 ans, Boko doit succéder à Mokgweetsi Masisi, 63 ans, qui s’est engagé à une transition pacifique. Cette victoire survient après deux tentatives infructueuses en 2014 et 2019, et illustre la persévérance de Boko et de la coalition de gauche qu’il a contribué à créer il y a plus de dix ans.
La campagne de Boko a particulièrement séduit la jeunesse, dans un pays où le chômage atteint 38 % chez les jeunes et 27 % pour l’ensemble de la population. Ses promesses de réformes axées sur la création d’emplois, la lutte contre la pauvreté et l’amélioration de l’accès aux soins ont trouvé un écho auprès de nombreux électeurs. « Vous avez voté pour vos droits, pour un système qui protège et défend vos intérêts fondamentaux », a-t-il déclaré à ses partisans.
Un parcours atypique
Originaire d’un village éloigné situé à 200 kilomètres de la capitale Gaborone, Boko n’était pas destiné à la politique de haut niveau, à la différence de son prédécesseur, issu d’une famille influente. Diplômé de l’Université du Botswana en 1993, il a poursuivi ses études à Harvard, obtenant un master en droit en 1995. Réputé pour son honnêteté et son éloquence, il est aussi reconnu pour son style distinctif et son image soignée.
Membre de l’opposition dès l’âge de 21 ans, Boko a pris la tête du Front national du Botswana en 2010 et l’a intégré à l’UDC, consolidant ainsi la force politique qui allait finalement briser la suprématie du BDP. « Duma Boko lutte dans l’opposition depuis longtemps », rappelle Washington Katema, directeur de l’ONG Réseau de défense des droits humains en Afrique australe.
Malgré les revers électoraux de 2019, la scission de l’UDC avec le Parti du Congrès du Botswana (BCP) et le Front patriotique du Botswana (BPF), nombreux étaient ceux qui doutaient de sa capacité à rebondir. Mais contre toute attente, Boko a mené l’UDC à la victoire dans un système électoral uninominal à un tour. « Cela m’a surpris », a confié l’avocat au journal Mmegi, exprimant sa gratitude et sa détermination à servir le pays avec humilité.
La Rédaction

