Selon l’éditorialiste Cyr Adomayakpor, “tout comme l’extermination des Juifs par les nazis est un génocide, la destruction méthodique et massive de civils palestiniens est aussi un génocide.”
ÉDITORIAL
TOUT COMME L’EXTERMINATION DES JUIFS PAR LES NAZIS EST UN GÉNOCIDE, LA DESTRUCTION MÉTHODIQUE ET MASSIVE DE CIVILS PALESTINIENS EST AUSSI UN GÉNOCIDE
À cette heure où, sous la juste et compréhensible raison d’éradiquer le terrorisme qui rôde insensiblement et frappe cruellement des vies innocentes, le nom d’un autre massacre, un massacre à ciel ouvert, une autre horreur dans l’horreur, qu’on n’a pas le droit de qualifier de son nom factuel de génocide, sous peine d’être taxé à vie d’antisémitisme, parce qu’il est perpétré par le Premier ministre de l’État hébreu, un État devenu, sous l’emprise des ultra nationalistes, idéologiquement réactionnaire, un État à qui rien ni personne ne fait peur ; un État qu’aucune tragédie, semble-t-il, ne peut plus désormais émouvoir autant que celle inacceptable, et précieusement sanctuarisée dans l’histoire, et que son peuple avait injustement vécue ; ce terrible nom de génocide, disais-je, clairement, indéniablement se présente à nos stupéfactions et à nos indignations.
La haute et décisive conscience délicate de l’homme de cœur, qui inhère de saines indignations, et qui est faite pour répondre avec la perspicacité qui est en rapport avec sa condition d’homme périssable, c’est-à-dire cette génuflexion devant Dieu, est aujourd’hui, ce semble, intimidée. Elle est volontairement ou non l’otage assommé d’une dissuasive pensée unilatérale, arrogante, dominatrice, soupçonneuse et à géométrie variable.
Il s’agit bien pour cette pensée qui ne réagit qu’aux indignations sélectives, de deux poids deux mesures.
Deux poids deux mesures dans l’horreur ; deux poids deux mesures dans la guerre, deux poids deux mesures dans la gestion du monde ; et, cette collusion d’intérêts, que dis-je !? Cette putréfaction des principes moraux qui s’étale au grand jour, nous apprend que toutes les vies humaines ne se valent pas ; elles n’ont pas la même valeur. Selon qu’elle est de confession juive, chrétienne, musulmane, bouddhiste, animiste ou que sais-je encore, sa valeur est hautement appréciable ou maximalement insignifiante.
Il résonne encore dans ma mémoire les échos larmoyants des concerts d’indignations qui, à juste titre, à bon droit, -tous pays confondus, des millions d’individus anonymes, isolément, comme moi, profondément choqués-, s’étranglaient de stupeur, de colère et de rage pour condamner le crime parfaitement odieux perpétré contre Israël le 7 octobre 2023. Parmi ces voix, il y en a qu’on n’entend plus !!
Qu’en est-il de toute cette contagion émotionnelle, ces apôtres de l’empathie, prompts à réagir quand un enfant israélien est sauvagement assassiné par les fous d’Allah, et, subitement victimes d’une aphonie diplomatique pour élever leur indignation au même niveau d’intensité, -disons plutôt d’intérêts (…)-, lorsque c’est un enfant palestinien qui est disloqué par les bombes israéliennes ?
Toute cette insupportable différenciation macabre entre les tragédies, entre la mort des uns et des autres produit un puissant sentiment d’injustice, de frustration et d’écœurement.
Mais, lorsque l’injustice et la guerre tendent à dominer, lorsqu’elles deviennent l’état normal d’un pays, d’une nation, l’état logique d’une conception étroite d’un monde unilatéral et que par conséquent elles passent à l’état chronique, quelque justifiables que puissent être les intentions, les raisons qui les ordonnent et désordonnent le monde, il advient un moment où le monde dans sa globalité en souffre.
Oui ! Lorsque le côté délicat des vertus humaines, c’est-à-dire la suprématie du dialogue, la fraternité et la nécessité d’un multilatéralisme respectueux s’amoindrissent au frottement des solutions brutales, et que les armes deviennent le seul outil de la société, parce que la force se forge un droit à elle ; lorsque le rayonnement divin de la bonne foi, qui doit toujours éclairer la face des nations s’éclipse à chaque instant dans l’ombre où s’élaborent les alliances maléfiques et les partages injustes, lorsqu’enfin la mort d’un homme vaut celle d’un cafard, la sociabilité humaine est irréversiblement en péril.
Et dans ces moments-là, comme l’eussent exigé les plus grands esprits explorateurs des consciences humaines, il sied qu’une imposante réclamation s’élève !
Il est moral que l’intelligence dise hardiment son fait à la force ;
il est bon que ce qu’il reste encore d’infime comme sensibilité dans ce monde d’hypocrisie, de brutalité et d’injustice proteste contre les conquérants du chaos.
Vive Israël, comme le voulait Yitzhak Rabin ! Vive la Palestine reconstruite ! Vive le Liban libéré ! Vive la paix et la fraternité entre les peuples du monde.
Le GCE Cyr Adomayakpor

