« Ce n’est plus une crise humanitaire, c’est une horreur organisée. » Ce sont les mots lancés récemment par Tom Fletcher, chef des opérations humanitaires de l’ONU, devant le Conseil de sécurité. À ses yeux, l’État d’Israël « impose délibérément et sans la moindre gêne des conditions inhumaines aux civils du territoire palestinien occupé », notamment dans la bande de Gaza. Un blocus meurtrier, un accès à l’aide drastiquement restreint et des infrastructures vitales paralysées : la situation est jugée au bord du génocide.
Une famine orchestrée
Depuis le 2 mars 2025, Israël a coupé net l’arrivée de carburant, de médicaments, de nourriture et d’eau à Gaza, invoquant le risque de détournement par le Hamas. Résultat : les six boulangeries du Programme alimentaire mondial ont fermé leurs portes, les repas distribués ont chuté de 1 million à 250 000 par jour, et la principale usine de dessalement est à l’arrêt, privant 600 000 personnes d’eau potable.
Tom Fletcher alerte : « Les enfants de Gaza ne sont pas des dommages collatéraux. Ce sont des enfants. Ils méritent sécurité, éducation, dignité. » Le coordinateur humanitaire rappelle qu’aucune justification sécuritaire ne peut légitimer un tel traitement infligé à une population civile.
L’ONU rejette le plan israélo-américain
Face aux critiques croissantes, Israël, soutenu par les États-Unis, a proposé de confier la distribution de l’aide humanitaire à des entreprises privées. Une « mise en scène cynique », selon Fletcher, qui y voit une tentative de contourner le droit international humanitaire. « L’aide ne peut pas être une monnaie d’échange politique », a-t-il martelé.
Cisjordanie : la violence s’intensifie
La crise ne se limite pas à Gaza. En Cisjordanie, 95 Palestiniens – dont 17 enfants – ont été tués depuis janvier 2025. Près de 40 000 autres ont été déplacés par des opérations militaires israéliennes. Parallèlement, les attaques de colons israéliens contre des villages palestiniens se sont multipliées.
Un appel à l’action mondiale
Dans un contexte de financement en chute libre (seulement 4 % des fonds humanitaires nécessaires ont été réunis), Tom Fletcher appelle la communauté internationale à agir. Il réclame la levée immédiate du blocus, la fin des hostilités, et un engagement massif pour rétablir des conditions de vie minimales dans le territoire.
Son message est limpide : « Si l’on continue de fermer les yeux, nous serons complices. »
La Rédaction

