Alors que la CPI s’apprête à plier bagage, l’Organisation ivoirienne des droits de l’homme (OIDH) a adressé le 3 octobre 2024, une lettre ouverte au Procureur de la Cour Pénale Internationale (CPI) dans laquelle elle réclame le résultat des enquêtes menées par la CPI sur les crises survenues en Côte d’Ivoire en 2002 et 2010.
Suite à l’annonce de la Cour Pénale Internationale qui compte fermer son bureau dans le courant de 2025 en Côte d’Ivoire, alors que les résultats sur les enquêtes portant sur les crises de 2002 et 2010 n’ont pas encore été bouclés, l’Organisation Ivoirienne des Droits de l’Homme (OIDH) a adressé une lettre à Karim Khan, Procureur de la CPI « Treize ans après, nous nous posons des questions : qu’est-ce qui n’a pas marché ou qu’est-ce qui traîne ? Et apparemment, en regardant un peu la façon dont le procureur meuble son actualité, nous avons l’impression que la situation en Côte d’Ivoire est laissée pour compte au profit d’autres situations de violences dans le monde entier qui sont survenues bien après. On n’a rien contre, mais en même temps, la situation en Côte d’Ivoire était antérieure et il est bon qu’on ait un début de commencement de résultats sur les enquêtes pour que, pour une fois, on sache qui commet les violences en Côte d’Ivoire. À quoi devons-nous nous attendre ? Est-ce qu’il y a d’autres personnes à poursuivre ?» déplore le président de l’OIDH, Eric-Aimé Semien
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) enquête depuis 2011 sur les violences commises lors des différentes crises dans le pays, en 2002 et en 2010. Ces enquêtes avaient abouti au procès de l’ex-président Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé. Tous les deux avaient été définitivement acquittés par la CPI en mars 2021. Jusque-là, les ivoiriens veulent connaitre « Qui a bien pu tuer les 3 000 victimes de la crise de 2010 ? » s’interroge Drissa Bamba, le président du Mouvement ivoirien des droits de l’Homme, une question que les multiples enquêtes de le CPI n’a toujours pas encore résolues.
Alors que la Côte-d’Ivoire se prépare à rentrer dans un cycle électoral en 2025, Eric-Aimé estime qu’il serait bon que « pour la mémoire collective ivoirienne, on sache en réalité ce qui s’est passé durant cette période de turbulence que la Côte d’Ivoire a eu à connaître. Donc pour nous, le résultat de ces enquêtes est vraiment fondamental ».
La Rédaction
CPI-Cote d’Ivoire. «Qui a pu tuer les 3 000 victimes en 2010 ? », l’énigme non toujours résolu
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