Cela fait maintenant un peu plus de 13 mois que l’ancien homme fort de Niamey, Mohamed Bazoum est fait prisonnier par les militaires au pouvoir. L’indignation générale des premiers jours semble avoir laissé la place à une certaine indifférence. Ce 15 septembre, une trentaine de personnalités, dont les prix Nobel Denis Mukwege et Wolé Sonyinka, ont uni leur voix pour appeler à la libération de l’ex-président Mohamed Bazoum et rappelé ainsi à la communauté internationale de continuer par faire pression pour la libération du président déchu.
Les auteurs de cet appel estiment que Mohamed Bazoum et sa femme Hadiza, retenue avec lui, sont « les victimes d’une détention arbitraire » qui entraîne « des conséquences particulièrement douloureuses pour leur famille et, bien sûr, pour les Nigériens ». Mohamed Bazoum est privé de toute communication avec l’extérieur et vit avec sa femme, selon ses proches dans des conditions de détention très sévères.
Parmi les signataires, on compte l’écrivain camerounais Achille Mbembe et l’ancien directeur de Human Rights Watch, Kenneth Roth. Ils affirment que jusqu’à aujourd’hui « aucun grief n’a été communiqué à Mohamed Bazoum » et qu’aucune explication « n’a été fournie pour sa détention ». Ils considèrent en revanche qu’à travers cette privation de liberté, « les putschistes entendent faire payer au président Bazoum le prix de sa lutte résolue pour les libertés et l’État de droit, et plus encore, le prix de son vigoureux combat contre la corruption et le détournement de fonds publics ».
Ils appellent « les hauts responsables politiques d’Afrique et du monde » à exiger « la libération d’un chef d’État démocratiquement élu, séquestré pour des motifs indignes (…) et dont l’action a toujours été inspirée par la recherche du bien commun du peuple nigérien ».
Les chances que ce message reçoive un écho favorable auprès du général Tiani et des autres membres du CNSP est faible. Récemment, l’immunité de Mohamed Bazoum a été levée et ce dernier pourraient être conduit devant la justice de son pays pour faire face aux accusations de haute trahison que les actuels autorités portent contre lui.
La Rédaction

