Deux ans après la vague d’arrestations menée contre son personnel au Yémen, l’Organisation des Nations unies réclame toujours la libération de dizaines de ses employés détenus par les autorités houthistes. Une situation qui fragilise davantage l’action humanitaire dans l’un des pays les plus dépendants de l’aide internationale.
Une crise qui s’enlise
L’ONU continue d’exiger la libération de ses employés détenus au Yémen. Dans un communiqué publié le 10 juin, le secrétaire général de l’Organisation, António Guterres, a dénoncé une nouvelle fois les arrestations menées par les autorités houthistes de facto depuis 2021, et plus particulièrement la vaste opération lancée en juin 2024.
Selon les Nations unies, 73 membres du personnel restent détenus de manière arbitraire. L’un d’eux est décédé en détention tandis que plusieurs autres seraient maintenus au secret, sans possibilité de communiquer avec leurs proches.
Ces arrestations ne concernent pas uniquement l’ONU. Des employés d’organisations humanitaires, de la société civile ainsi que des représentations diplomatiques ont également été visés.
L’aide humanitaire prise au piège du conflit
Depuis plus d’une décennie, le Yemen est déchiré par une guerre opposant les forces gouvernementales soutenues par Saudi Arabia aux rebelles houthis appuyés par Iran.
Alors que le gouvernement reconnu par la communauté internationale siège principalement à Aden, les houthis contrôlent Sanaa ainsi qu’une grande partie du nord et de l’ouest du pays.
Pour les Nations unies, la détention prolongée de travailleurs humanitaires dépasse largement le cadre judiciaire. Elle affecte directement la capacité des agences internationales à fournir une assistance à des millions de personnes confrontées à l’insécurité alimentaire, aux déplacements forcés et à l’effondrement des services essentiels.
Une violation du droit international selon l’ONU
António Guterres rappelle que les employés des Nations unies bénéficient d’une immunité de juridiction pour les actes accomplis dans le cadre de leurs fonctions officielles.
Dans cette perspective, l’ONU considère que ces détentions constituent une violation du droit international. L’organisation souligne également que les arrestations ont considérablement réduit ses capacités opérationnelles sur le terrain, privant plusieurs programmes humanitaires de personnels qualifiés et expérimentés.
La diplomatie comme unique levier
Malgré la fermeté de son discours, l’ONU continue de privilégier la voie diplomatique. L’organisation estime qu’un dialogue avec les autorités houthistes demeure indispensable pour obtenir la libération des détenus et permettre la reprise complète des opérations humanitaires.
Deux ans après les arrestations massives de juin 2024, aucune avancée majeure n’a toutefois été enregistrée. Pour les Nations unies, cette situation illustre les difficultés croissantes auxquelles sont confrontés les acteurs humanitaires dans les zones de conflit, où l’accès aux populations civiles devient lui-même un enjeu politique et stratégique.
La Rédaction
Source :
Nations Unies – Déclaration du Secrétaire général António Guterres sur les détentions au Yémen

