Washington a porté à 50 millions de dollars la récompense pour toute information menant à l’arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro. Une décision qui ravive les tensions entre les deux pays et confirme la ligne dure adoptée par l’administration américaine.
Une prime record dans l’histoire américaine
Le 8 août 2025, la ministre américaine de la Justice, Pam Bondi, a annoncé que la récompense initialement fixée à 25 millions de dollars passait à 50 millions de dollars (environ 43 millions d’euros). Cette somme vise toute personne pouvant fournir des informations permettant l’interpellation et la mise en accusation de Nicolás Maduro.
Christopher Landau, numéro deux de la diplomatie américaine, a souligné qu’il s’agissait de la prime la plus élevée jamais proposée par les États-Unis, « le double de celle promise pour Oussama Ben Laden ».
Des accusations lourdes et persistantes
Nicolás Maduro, au pouvoir depuis 2013, est inculpé depuis 2020 par la justice fédérale américainepour trafic de drogue et narco-terrorisme. Washington l’accuse d’être à la tête du Cartel de los Soles, en lien avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), le gang vénézuélien Tren de Aragua et le cartel mexicain de Sinaloa.
Selon les autorités américaines, ces organisations auraient acheminé des centaines de tonnes de cocaïne vers les États-Unis, alimentant un réseau criminel transnational.
Une élection contestée par Washington
Les États-Unis ne reconnaissent pas la réélection de Maduro en 2024, qu’ils qualifient de « simulacre ». En janvier 2025, à l’approche de son investiture pour un troisième mandat de six ans, le gouvernement américain avait déjà relevé la prime de 15 à 25 millions de dollars, assortissant cette annonce de nouvelles sanctions économiques.
Le secrétaire d’État républicain Marco Rubio a réaffirmé que « depuis 2020, Nicolás Maduro a étranglé la démocratie et s’est accroché illégalement au pouvoir au Venezuela ».
Réaction virulente de Caracas
Le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Yván Gil, a dénoncé une « propagande politique pathétique » et un « cirque médiatique », accusant Washington d’ingérence. Selon lui, cette décision vise à soutenir « l’extrême droite vaincue du Venezuela » et à détourner l’attention des « complots terroristes orchestrés depuis les États-Unis ».
Une tension politique et économique durable
Outre la pression judiciaire, Washington maintient un embargo pétrolier strict contre le Venezuela, tout en autorisant Chevron à opérer sous conditions. Les relations diplomatiques restent gelées, et cette nouvelle escalade risque de compliquer davantage les tentatives de médiation internationale.
La Rédaction

