« L’Afrique devrait être l’un de nos plus grands partenaires commerciaux. Et pourtant, ce n’est pas le cas. » C’est par ces mots que l’ambassadeur Troy Fitrell, chef par intérim du Bureau des affaires africaines au Département d’État américain, a résumé le virage stratégique que Washington entend opérer sur le continent.
À Abidjan, devant les représentants des Chambres de commerce américaines réunis lors du Sommet économique AmCham 2025, l’administration Trump a dévoilé une nouvelle stratégie de diplomatie commerciale, tournée vers la conclusion d’accords concrets et l’intensification des échanges économiques avec l’Afrique subsaharienne.
Moins d’aide, plus de deals
Le message est clair : les États-Unis veulent rompre avec une relation paternaliste centrée sur l’aide au développement pour s’inscrire dans une logique de partenariats économiques équilibrés. « Nous nous engageons à accroître les exportations américaines, à stimuler les investissements en Afrique, à éliminer nos déficits commerciaux et à favoriser une prospérité mutuelle », a affirmé Fitrell.
L’ambassadeur a aussi annoncé la tenue, plus tard cette année, d’un nouveau Sommet des dirigeants États-Unis-Afrique, confirmant l’importance géopolitique que l’administration Trump accorde désormais au continent.
Un commerce en berne depuis 20 ans
Fitrell n’a pas mâché ses mots : les exportations américaines vers l’Afrique subsaharienne représentent moins de 1 % du commerce total de biens des États-Unis, un chiffre stagnant depuis plus de deux décennies. Une anomalie que Washington veut corriger, notamment face à la montée en puissance économique de la Chine et à la diversification des partenaires africains.
Une déclaration dans un contexte stratégique
Cette annonce intervient juste après la clôture du Forum des dirigeants africains 2025, organisé à Abidjan par Jeune Afrique Media Group et la Société financière internationale (SFI), en présence de 2 800 leaders économiques et politiques venus de 90 pays. Parmi les intervenants figuraient cinq présidents africains : Alassane Ouattara (Côte d’Ivoire), Bassirou Diomaye Faye (Sénégal), Cyril Ramaphosa (Afrique du Sud), Mohamed Ould Ghazouani (Mauritanie) et Paul Kagame (Rwanda).
La diplomatie américaine entend donc s’inscrire dans la dynamique du moment, en parlant aux Africains le langage des affaires et de l’investissement, plutôt que celui de la dépendance.
La Rédaction

