En 2024, une nouvelle législation en Turquie a ravivé les débats sur le traitement des chiens errants. Cette loi, visant à lutter contre la prolifération des animaux de rue, prévoit la capture des chiens et leur euthanasie systématique, surtout pour ceux jugés dangereux ou malades. Si cette loi répond à des préoccupations de sécurité publique, elle soulève de nombreuses questions éthiques, notamment sur le bien-être animal et l’absence de solutions plus humaines, telles que la stérilisation et l’adoption.
La Turquie, qui possède une tradition de cohabitation harmonieuse avec les animaux errants, voit un retour inquiétant à des pratiques anciennes. En 1910, sous l’Empire ottoman, des milliers de chiens avaient été envoyés sur l’île de Sivriada, où la majorité d’entre eux mourut dans des conditions dramatiques. Ce souvenir, appelé “l’île maudite”, demeure un traumatisme collectif, rappelant l’échec moral et pratique de cette époque.
La nouvelle loi, adoptée face à la montée des populations canines et à des incidents de circulation ou de transmission de maladies comme la rage, semble répondre à un besoin immédiat de sécurité. Cependant, elle ne traite que partiellement la question. En effet, les infrastructures nécessaires pour héberger ces animaux manquent, et certaines municipalités, faute de place, ont recours à des méthodes cruelles comme le poison.
Face à ce constat, des alternatives plus durables s’imposent. Des campagnes de stérilisation et d’adoption, ainsi que la mise en place de refuges bien équipés, pourraient offrir une solution plus respectueuse des animaux. En Europe, des pays comme la Suède et la France ont réussi à réduire significativement le nombre d’animaux errants grâce à des politiques de protection efficaces, telles que des programmes de stérilisation et l’interdiction de l’abandon des animaux.
La Turquie pourrait s’inspirer de ces exemples européens et revoir sa législation en faveur d’une approche plus inclusive, qui tienne compte à la fois des enjeux de sécurité publique et des droits des animaux. Plutôt que de recourir à une solution temporaire et inhumaine, il serait judicieux de développer des initiatives qui favorisent la cohabitation pacifique entre les citoyens et les animaux errants.
La Rédaction

