De l’Amérique d’abord au monde ensuite, retour sur les trois mois qui ont fait basculer l’ordre international.
Un coup de tonnerre dès l’investiture
Le 20 janvier 2017, Donald J. Trump prête serment sur les marches du Capitole. Le ton est donné : discours offensif, promesses de rupture et rejet affiché de l’establishment. En quelques heures, le site de la Maison-Blanche efface les pages sur le climat et les droits LGBT. La stratégie est claire : défaire l’héritage Obama et renverser les règles du jeu.
Décrets en rafale, choc diplomatique
Dès la première semaine, Trump signe une avalanche de décrets. L’interdiction d’entrée aux ressortissants de sept pays majoritairement musulmans provoque une onde de choc mondiale. Des aéroports bloqués, des manifestations spontanées, et une diplomatie américaine soudainement imprévisible. À l’ONU comme à Bruxelles, les chancelleries s’interrogent : faut-il s’adapter ou résister ?
Le climat, l’OTAN et les marchés : tout vacille
Le retrait annoncé de l’accord de Paris sur le climat symbolise un repli inédit des États-Unis sur la scène internationale. Simultanément, Trump attaque frontalement l’OTAN, demandant aux alliés de « payer leur part ». Les marchés financiers, eux, saluent la baisse des impôts et la promesse d’un “America First” économique, mais l’instabilité politique fait vaciller les bourses asiatiques et européennes.
Une popularité en chute libre
Malgré une victoire électorale éclatante en 2024, Donald Trump connaît une chute spectaculaire de sa popularité dès les 100 premiers jours de son second mandat. Selon un sondage Washington Post-ABC News-Ipsos réalisé du 18 au 22 avril 2025, seulement 39 % des Américains approuvent sa performance, contre 45 % en février. Cette baisse de six points en deux mois marque un record historique : aucun président américain n’avait atteint un tel niveau d’impopularité à ce stade de son mandat depuis 80 ans. La désapprobation est particulièrement marquée chez les femmes (36 %) et les Hispaniques (28 %) .
Une nouvelle ère des relations internationales
La doctrine Trump est simple : bilatéralisme, rapport de force, transactions plutôt que traités. En cent jours, les États-Unis cessent d’être le pilier du multilatéralisme. L’Organisation mondiale du commerce est mise en accusation, les tensions commerciales avec la Chine sont relancées. La scène mondiale bascule dans un nouvel équilibre : imprévisible, brutal, transactionnel.
Un style qui déteint
Les cent premiers jours de Trump ne changent pas que la politique américaine. Ils inspirent aussi d’autres dirigeants. Le populisme gagne du terrain en Europe, en Amérique latine, en Asie. Le modèle libéral vacille. La politique devient spectacle, la diplomatie devient tweet. En cent jours, Trump n’a pas seulement changé la Maison-Blanche : il a redessiné la carte mentale du monde.
La Rédaction

