Malgré un test cognitif réussi, les discours décousus du président américain nourrissent les inquiétudes croissantes de psychiatres et psychologues sur sa santé mentale.
Donald Trump, réélu à 78 ans pour un nouveau mandat, continue de diviser. Mais cette fois, ce ne sont ni ses positions politiques ni ses provocations qui interrogent, mais la dégradation apparente de ses facultés mentales. Depuis plusieurs années, une partie de la communauté psychiatrique alerte sur une évolution inquiétante de son comportement et de ses capacités cognitives.
Une alerte qui ne date pas d’hier
En 2017, vingt-sept professionnels publiaient The Dangerous Case of Donald Trump, pointant des signes de troubles psychiatriques. En 2024, un manifeste coécrit par une cinquantaine d’experts, dont la psychiatre Bandy Lee, relance le débat : vocabulaire simplifié, phrases inachevées, confusion de mots, perte de cohérence.
La fameuse « covfefe », mot inventé dans un tweet viral, en est devenu un symbole. Si l’erreur pouvait relever de la coquille, la multiplication de ce type de formulations étranges alimente les soupçons de paraphasie, un trouble du langage souvent lié à des atteintes neurologiques.
Un test cognitif… trop basique ?
Pour rassurer l’opinion, Trump a passé un examen médical de cinq heures en avril 2025. Son médecin personnel, Sean Barbabella, affirme qu’il est « en excellente santé, cognitive comme physique ». Trump s’est même vanté d’avoir obtenu le score parfait de 30/30. Pourtant, les spécialistes rappellent que ce test standardisé, tenant sur une page, ne peut diagnostiquer des troubles complexes.
« Ce test ne prouve rien, ou si peu », explique le psychologue Harry Segal, professeur à Cornell. Il évoque une nette baisse dans la complexité du langage utilisé par Trump, y compris lors de prises de parole officielles. Lors d’un discours à l’Economic Club of New York, la confusion aurait été telle que même ses partisans en auraient été déconcertés.
Discours longs, idées floues
Les analyses du New York Times sont formelles : les discours de campagne de Trump en 2024 étaient presque deux fois plus longs qu’en 2016 — mais beaucoup plus décousus. Sarah Matthews, ancienne attachée de presse, confirme : « Il a des moments de confusion évidents. »
John Gartner, psychologue clinicien, a quant à lui répertorié des dizaines d’exemples de mots inventés ou déformés. « Il oublie la fin des mots, ou les recrée de façon absurde : “mishiz” pour “missiles”, “Chrishus” pour “Christmas”. »
Une base électorale inébranlable
Malgré ces constats, les électeurs républicains ne se détournent pas de Trump. Boris Zlotin, auteur et analyste politique, y voit une connexion émotionnelle indéfectible : « Il parle à une Amérique qui ne cherche pas l’éloquence, mais l’identification. Pour beaucoup, ce qu’il dit reste compréhensible, même s’il le dit mal. »
Ainsi, la question reste entière : le président Trump est-il toujours apte à exercer ses fonctions, ou les signes de déclin cognitif doivent-ils être pris plus au sérieux par l’establishment politique américain ?
La Rédaction

