Il menace, il recule, et les marchés s’y habituent. À Washington comme à Wall Street, les frasques douanières de Donald Trump n’impressionnent plus. Ce qui hier encore affolait les bourses est désormais une routine bien rodée, au point qu’un nouvel acronyme a vu le jour : “TACO trade”, pour “Trump Always Chickens Out”. Traduction libre : Trump finit toujours par se dégonfler.
Une nouvelle volte-face sur les droits de douane
Vendredi dernier, le président américain avait annoncé une surtaxe de 50% sur les produits européens dès le 1er juin. Trois jours plus tard, changement de cap : la suspension des droits est prolongée jusqu’au 9 juillet. Un scénario désormais familier. À chaque menace explosive, un repli discret suit. Et les investisseurs s’adaptent.
Le terme “TACO trade”, popularisé par Robert Armstrong du Financial Times, résume cette mécanique : à l’annonce de nouvelles sanctions commerciales, les marchés vacillent. Puis, lorsque Trump fait marche arrière, les indices repartent à la hausse. Un cycle devenu presque prévisible.
La bourse s’en amuse, Trump beaucoup moins
Selon CNN, le “TACO trade” incite désormais les opérateurs à ne plus réagir au quart de tour aux déclarations du président. Et cela ne plaît pas à l’intéressé. Interrogé mercredi, Donald Trump s’est montré irrité :
“Je me dégonfle ? Je n’ai jamais entendu ça. Vous dites ça parce que j’ai réduit les droits de douane sur la Chine de 145% à 100%, puis à 30% ?”
Face aux critiques, Trump défend une tactique assumée : fixer des droits de douane très élevés pour mieux les négocier à la baisse. Il cite l’exemple de l’Union européenne : après une surtaxe annoncée, un simple appel avec Ursula von der Leyen a suffi pour calmer le jeu.
“Vous appelez ça se dégonfler ? Cela s’appelle une négociation”, a-t-il lancé.
Une méthode désormais intégrée par les marchés
Mais l’effet d’intimidation s’érode. Les marchés, tout comme les dirigeants étrangers, semblent avoir intégré le schéma. Les surtaxes “ridicules” annoncées servent de levier, rarement de mesures effectives. À force de reculs stratégiques, Trump a fini par saboter sa propre force de frappe économique, au profit d’un théâtre où l’annonce compte souvent plus que l’action.
La Rédaction

