À Sokodé, 39 directeurs préfectoraux de la santé ont suivi une formation inédite sur la gestion des intoxications liées aux pesticides. Cette initiative, portée par le gouvernement togolais avec l’appui de la FAO, illustre la volonté des autorités d’allier bonne gouvernance et protection sanitaire face à un enjeu croissant.
Une menace mondiale qui frappe le Togo
Selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), près de 385 millions de personnes sont intoxiquées chaque année par les pesticides dans le monde. Le Togo n’est pas épargné : l’usage non contrôlé de produits chimiques entraîne des cas graves d’empoisonnements, mais aussi une pollution des sols et des eaux. En 2024, une enquête nationale a mis en évidence la circulation de pesticides non homologués et un manque de maîtrise des bonnes pratiques, rendant urgente une action coordonnée.
À lire aussi : L’agriculture en mutation, entre modernisation et défis
Une réponse institutionnelle structurée
Pour faire face, le gouvernement a lancé, en partenariat avec la FAO, le Projet d’appui à la gestion efficiente des pesticides dans le secteur agricole (ProGePestA). Après avoir mobilisé les acteurs de l’environnement et du conseil agricole, le projet a franchi une étape décisive en septembre 2025 : la formation des directeurs préfectoraux de la santé. Ces responsables locaux deviennent désormais des relais stratégiques pour identifier rapidement les intoxications, renforcer la surveillance épidémiologique et améliorer la prise en charge des victimes.
Trois jours pour transformer la pratique médicale
Pendant trois jours, les participants ont travaillé avec des experts nationaux et internationaux issus notamment de la Faculté des sciences de la santé, de l’OMS et de la Division de la surveillance intégrée des urgences sanitaires. Les modules ont porté sur la classification des pesticides, leurs impacts sur la santé, les réglementations en vigueur et les méthodes de traitement médical. « Cette formation m’a donné des outils concrets pour sauver des vies », confie Dr Sewodji Essi Holali, directrice préfectorale de la santé de Blitta.
À lire aussi : 2. Réforme semencière en marche pour relancer l’agriculture
Une gouvernance de proximité
En formant des cadres de santé présents dans chaque préfecture, le gouvernement consolide un réseau capable de prévenir les intoxications et d’en réduire l’impact sanitaire. Pour les autorités, c’est une manière de rapprocher la gouvernance des réalités locales tout en répondant à un enjeu de santé publique nationale. « Nous pourrons désormais mieux identifier et traiter les victimes », confirme Dr Agbéko Fantognon, directeur préfectoral de la santé de Zio.
Vers une agriculture plus sûre et une population mieux protégée
L’initiative illustre un choix politique fort : concilier productivité agricole et sécurité sanitaire. En investissant dans la formation, le Togo démontre que la gouvernance des pesticides n’est pas seulement une affaire de réglementation, mais aussi un levier pour protéger la santé des populations et garantir une agriculture durable.
La Rédaction

