La ville de Lomé, comme bien d’autres métropoles africaines, fait face à une problématique grandissante : les nuisances sonores. Pour y remédier, le gouvernement togolais a adopté un arrêté interministériel entré en vigueur le 20 février 2025, fixant des restrictions strictes en matière de pollution sonore. Signé par quatre ministres – Katari Foli Bazi (Environnement), Hodabalo Awate (Administration territoriale), Prof. Tchin Darre (Santé) et Calixte Batossie Madjoulba (Sécurité) –, ce texte encadre désormais les émissions sonores dans l’espace public. Les bars, restaurants, hôtels et lieux de culte sont particulièrement concernés par ces nouvelles dispositions.
Un cadre réglementaire plus strict
L’arrêté établit des seuils sonores précis : 70 décibels en journée (6h-22h) et 55 décibels la nuit (22h-6h). Ces limitations s’appliquent à toutes les sources de bruit, qu’elles soient fixes ou mobiles. Toutefois, certaines célébrations religieuses officielles peuvent bénéficier d’une autorisation spéciale des autorités locales.
Les établissements les plus bruyants – scieries, moulins, bars, hôtels et lieux de culte – doivent désormais obtenir une autorisation préalable avant leur implantation. De plus, ceux dépassant les seuils fixés sont tenus d’installer des systèmes d’isolation acoustique afin de réduire les nuisances.
Des horaires restreints pour les établissements bruyants
L’article 9 de l’arrêté impose des restrictions horaires aux établissements diffusant de la musique ou générant du bruit. Les bars, restaurants et hôtels doivent cesser toute émission sonore entre 12h et 14h30, puis entre 22h et 9h. Néanmoins, des dérogations peuvent être accordées par les gouverneurs, préfets ou maires pour des événements spécifiques.
L’objectif affiché est d’assurer un équilibre entre les activités économiques et la tranquillité des riverains, tout en évitant les excès.
Un contrôle renforcé
La mise en application de ces nouvelles règles repose sur les autorités locales. Gouverneurs, préfets et maires sont chargés de veiller au respect des normes sonores, avec l’appui de la police environnementale, de l’Agence nationale d’assainissement et de salubrité publique ainsi que des forces de l’ordre.
Concernant les lieux de culte, toute inspection devra se faire avec l’accord des autorités religieuses, une précaution qui reflète la sensibilité du sujet dans le contexte togolais.
Des sanctions dissuasives
En cas d’infraction, les contrevenants s’exposent à des amendes dont le montant sera défini par les conseils municipaux. Cette approche vise à responsabiliser les acteurs locaux et garantir une application rigoureuse de la réglementation. L’arrêté abroge également toutes les dispositions antérieures contradictoires, centralisant ainsi la gestion des nuisances sonores.
Une réglementation qui suscite des débats
Si cette mesure est bien accueillie par les défenseurs de l’environnement et les riverains, elle suscite de vives préoccupations chez les propriétaires de bars et les responsables religieux. Ces derniers craignent une baisse de fréquentation et une limitation de leurs activités. De son côté, le gouvernement insiste sur la nécessité de préserver la santé publique et d’améliorer la qualité de vie, tout en appelant à une cohabitation harmonieuse entre tous les acteurs.
Ce nouvel arrêté marque une avancée majeure dans la lutte contre les nuisances sonores à Lomé. Reste à voir comment il sera appliqué et s’il nécessitera des ajustements pour répondre aux attentes de toutes les parties prenantes.
La Rédaction

