Avec un appui de 200 millions de dollars de la Banque mondiale
Le Togo a obtenu un financement de 200 millions de dollars du Groupe de la Banque mondiale pour la mise en œuvre du Programme d’amélioration des services logistiques et de transport (PASLT). Ce programme vise à renforcer la compétitivité du pays comme plateforme logistique régionale et à améliorer la fluidité des échanges entre les infrastructures stratégiques nationales.
Un programme structuré autour de trois axes
Le PASLT repose sur trois composantes principales.
Le premier axe concerne la réhabilitation de la ligne ferroviaire reliant le Port autonome de Lomé à la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA). Cette infrastructure, située à environ 27 kilomètres de la capitale, doit permettre le transport de conteneurs par rail afin de réduire la pression sur le réseau routier et d’améliorer les performances logistiques du corridor.
Le deuxième axe porte sur l’amélioration de la mobilité urbaine dans le Grand Lomé, notamment la réduction des congestions autour de la zone portuaire, où le trafic de poids lourds reste particulièrement dense.
Le troisième volet vise le renforcement de la connectivité entre les zones agricoles à fort potentiel et les marchés locaux, régionaux et internationaux, en particulier dans les régions de la Kara, des Savanes, des Plateaux et de la Plaine de Mô.
Des impacts attendus sur la mobilité et l’économie
Selon la Banque mondiale, environ 2,2 millions d’habitants du Grand Lomé devraient bénéficier d’une amélioration de l’offre de transport public et d’une réduction des nuisances liées à la pollution générée par les poids lourds.
En zone rurale, près de 400 000 personnes, dont une majorité de femmes, devraient accéder plus facilement aux services de base et aux opportunités économiques grâce à l’amélioration des infrastructures de transport.
Le programme devrait également contribuer à réduire les pertes post-récolte et à renforcer la compétitivité des filières agroalimentaires, à travers le désenclavement des zones de production. Les infrastructures prévues intégreront des standards de résilience climatique.
Un levier stratégique pour la logistique régionale
Le représentant résident du Groupe de la Banque mondiale au Togo, Tony Verheijen, souligne que ce financement représente une opportunité stratégique pour renforcer le positionnement du pays comme hub logistique régional, en s’appuyant notamment sur le Port autonome de Lomé comme infrastructure centrale.
Il indique également que ce programme devrait favoriser la création d’emplois, le développement des chaînes de valeur et l’attraction d’investissements privés.
Un partenariat en consolidation
Ce financement s’inscrit dans un cadre de coopération élargi entre le Togo et la Banque mondiale, dont le portefeuille dans le pays s’élevait à 1,49 milliard de dollars en mars 2026. En décembre 2025, une enveloppe supplémentaire de 150 millions de dollars avait déjà été approuvée pour soutenir l’investissement privé et l’emploi.
Dans le cadre du partenariat pays (CPF 2025-2029), le transport et la logistique figurent parmi les priorités stratégiques aux côtés de l’agriculture. Le Port autonome de Lomé, seul port en eau profonde de la côte ouest-africaine, a traité 1,9 million d’EVP en 2023, contre 311 500 en 2013.
La réhabilitation du corridor ferroviaire Lomé–PIA s’inscrit dans cette dynamique visant à désengorger un réseau routier national estimé à près de 12 000 kilomètres.
La Rédaction

